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Gasparagon et Ambre d’Ivoire reviennent à bord avec deux hommes absolument semblables. L’un nommé Felto restera lui-même, tandis que le second, un certain Sire Lancel Illarion reprend bientôt son apparence habituelle.
Épisode 1 : Rêve par gros temps
Un jour que nous voguons sur La Chrysobelle, la cloche me réveille avec le souvenir d’avoir fait un rêve un peu spécial, et, en en parlant avec le capitaine Ambre et Gasparagon, je comprends que nous avons tous les trois fait le même.
Le rêve
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Je suis assis à une table dans une salle d’auberge. Il y a d’autres personnes, mais je ne les distingue pas très bien, à l’exception de deux hommes. Le premier, petit et bedonnant, sanglé d’un tablier de toile grise, est manifestement l’aubergiste ; l’autre est un grand gaillard vêtu de cuir sombre, botté, portant l’épée au côté. Il n’a pas un seul cheveu et la peau de son crâne comme celle de son visage est striée de multiples cicatrices. L’aubergiste esquisse une courbette, puis demande : « Peut-on savoir d’où vous venez, messire ? » Question embarrassante pour un rêveur. « Eh bien, répondez ! » demande l’homme chauve à son tour. Puis, le reste du rêve est flou, jusqu’au réveil.
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Au réveil, le bateau est toujours en pleine mer, sans terre en vue, mais le ciel s’est couvert et la houle se creuse de plus en plus. Un vent violent déchaîne de hautes vagues, la visibilité diminue : c’est la tempête… Malgré les manœuvres brillantes du capitaine Ambre, nous perdons peu à peu le contrôle du navire. D’énormes vagues balaient le pont, emportant hommes et matériel avec une force irrépressible. Je tombe à l’eau lorsqu’un espar me frappe. Je perds conscience… pour me retrouver dans la salle d’auberge de notre rêve, attablé avec Ambre et Gasparagon. Nos vêtements sont secs et je n’ai aucun goût de sel dans la bouche.
Épisode 2 : L’Auberge du pont d’Omen
Comme dans notre rêve, l’aubergiste et le chauve couturé de cicatrices sont face à nous. Ce dernier répète d’un ton exaspéré une question qu’aucun d’entre nous n’a entendue. Et pour cause… Il dit s’appeller Wortex, être le chef du village et veut à toute force savoir d’où nous venons, car apparemment, personne ne nous a vus franchir le pont, ni entrer dans le village. À peine notre hésitation est-elle visible que Wortex s’exclame : « Pas de doute, c’est la Chrysobelle ! Voilà maintenant qu’elle s’en prend à d’innocents voyageurs ! » Je crois d’abord que notre Chrysobelle a remonté le cours d’une rivière (puisqu’il y a un pont), mais nous comprenons vite que la Chrysobelle dont parle Wortex est une étrangère, ancienne voyageuse installée dans le village depuis une dizaine d’année, rebouteuse qui de surcroît n’a fait aucun mystère sur sa qualité de haut-rêvante. Bizarrement, il ne dit jamais « Chrysobelle », mais toujours « la Chrysobelle », ce qui renforce le quiproquo. Ladite « sorcière » vit à l’écart du village dans une maison en ruine à l’écart du village, au bord du marais que les villageois ont mis à sa disposition à son arrivée. En échange de soins, ils l’ont aidée à retaper la maison. Et depuis, elle y vit seule, sans jamais voir personne, sauf les villageois qui viennent la trouver pour être soignés.
« Elle fait semblant d’être inoffensive », conclut Wortex, « mais les haut-rêvants inoffensifs, ça n’existe pas ! Et vous en êtes la preuve, vous, ses dernières victimes. À moins que vous ne soyez des invocations à son service. Mais cette fois, elle a été trop loin, la Chrysobelle ! Avant le coucher du soleil, elle aura cessé de nuire, définitivement… ». Rien de ce que nous pouvons dire ne parvient à tempérer le bouillant déplumé et il sort d’un pas rapide pour rameuter la populace en vue de son expédition punitive, non sans nous avoir « conseillé » de ne pas quitter le village.
L’aubergiste nous apprend alors qu’à Omen les criminels sont liés dans un sac, sur le pont, puis après une sévère bastonnade, jetés à la rivière. Quand nous essayons à nouveau d’en savoir plus, il nous apprend qu’en réalité, pour une raison que personne ne connaît, depuis plusieurs mois, Omen n’a reçu la visite d’aucun voyageur, ni d’aucun marchand. Non seulement, les commerçants s’inquiètent, mais en plus, le bourgmestre perd les revenus du péage, car plus personne n’utilise le pont fortifié sur l’Ystar. À défaut d’une explication, il faut donc un coupable, et comme il est bien connu que sacrifier un haut-rêvant attire la faveur des dragons, tous se sont vite convaincu qu’il fallait se débarrasser de ladite Chrysobelle. L’aubergiste se montre plus courtois que le capitaine de la garde, mais tout aussi entêté quant à la culpabilité de la voyageuse. Visiblement, le procès de la pauvre bonne femme a déjà eu lieu et le verdict n’attend plus que quelques bourreaux volontaires pour être exécuté.
Sur ce, Gasparagon sort faire un tour et Ambre qui a un petit creux, commande à manger. Comme je ne peux décemment pas l’abandonner face à semblable péril, je m’attable avec elle. C’est là que les choses commencent imperceptiblement à se gâter. D’abord, le cidre que l’on nous sert est éventé, ensuite les fèves au lard ont attaché au fond de la casserole et ont un goût de brûlé, et enfin, comble du comble, ce gougnafier d’aubergiste nous demande de régler la note avant même que nous ayons fini de consommer. J’essaye de prendre les choses à la légère, rien ne le déride. En sortant pour uriner derrière l’écurie, je remarque que deux ou trois gardes ont été affectés à notre surveillance, mais ils sont tellement discrets que j’ai pitié d’eux et les invite à boire un coup à l’intérieur. Nous finirons bien par arriver à leur fausser compagnie. Pendant ce temps, à l’entrée du mont, Wortex harangue les villageois et commence à équiper la milice rurale. Nous approchons de la fin de l’heure de la Couronne.
En interrogeant l’aubergiste et les gardes, nous apprenons qu’il n’est pas très difficile de se rendre chez Chrysobelle : il suffit de traverser la rivière, de passer les maisons de pêcheurs sur l’autre rive, puis de prendre le petit sentier vers le sud-ouest et de le suivre le long du marais jusqu’à la vieille maison. Pendant qu’Ambre retient l’attention de l’aubergiste et de sa femme, je me glisse dans l’arrière-cuisine pour subtiliser un tonnelet d’eau-de-vie. Mais l’étonnement maladroit d’un garde attire l’attention des marauds qui réclament à nouveau leur paiement immédiat. La plaisanterie commence à avoir assez duré et, pendant que l’aubergiste va chercher Wortex pour nous extorquer une somme bien trop importante, sa mégère nous tient à l’œil. Les gardes refusent désormais de boire avec nous et je commence à en avoir positivement assez. Wortex revient à l’auberge furieux, suivi du tenancier qui exige que nous le payions sur-le-champ. Ambre sort quelques pièces de sa bourse et nous quittons les lieux, prenant prétexte de cet incident pour aller voir ailleurs si Gasparagon y est.
Toujours suivi par nos trois gardes qui ne cherchent même plus à se cacher, nous nous mettons en quête d’un champ ou d’une meule pour nous installer et faire un petit point sur la situation. À la limite du village, nous nous installons dans une pâture et nos trois escortes s’arrêtent à un vingtaine de mètres de nous, perplexes. Nous les voyons discuter et montrer du doigt tour à tour le pont et nous. L’un d’entre eux se décide et s’en va au petit trot, sans doute faire son rapport à Wortex. Cela me décide.
Calmement, posément, je commence à bander mon arc et à mettre en joue l’un de deux gardes restants. Ils me regardent médusés quand, imperturbable, je décoche mon trait sur ma cible. Blessé à la jambe, il trébuche sur place. Le second se rue sur moi, mais j’ai de temps de laisser mon arc et de saisir ma hache et mon bouclier. Je le mets rapidement hors de combat et le laisse repartir avec une blessure qui l’immobilisera quelque temps…
Épisode 3 : L’échappée belle de Chrysobelle
Entassant nos affaires dans le petit tonnelet, nous nous dirigeons vers la berge et, une fois à demi-nus, nous traversons la rivière. Derrière nous et en aval, des exclamations nous apprennent que nous avons été aperçus. Qu’importe ! L’heure de la discrétion et de la gentillesse est passée. D’un bon pas, nous nous dirigeons vers les marais et la maison de la mystérieuse Chrysobelle. Sans difficulté majeure, nous y arrivons après environ 30 minutes de marche et là, surprise, nous retrouvons notre Gasparagon qui n’a pas perdu de temps et a déjà convaincu la future victime de s’enfuir. Il est en train d’essayer de retirer une flèche plantée dans un mur de la maisonnette, tandis qu’une belle femme d’une quarantaine d’années, aux cheveux blonds cendrés avec des yeux bleus, encore assez belle, charge ses affaires dans une petite barque et essaye de convaincre ses cinq chats de monter à bord.
Peu de temps après, nous embarquons tous les quatre (enfin, tous les neuf…) et commençons à descendre paisiblement le fil de l’eau, lorsque Chrysobelle nous apprend que ce marigot porte le nom doux et prometteur de « Marais du Grand Vaseux ». Immédiatement, je bondis sur mes pieds et suggère un changement de plan. Nous descendons l’Ystar jusqu’à un endroit où la berge rocheuse nous permet de débarquer sans laisser trop de traces, puis je coule la barque en essayant tant bien que mal de la dissimuler sous les roseaux et nous prenons le chemin des collines. En quelques heures, nous ne voyons pas traces de nos poursuivants et, vers la fin de l’heure des Épées, nous commençons à cherche un endroit pour établir notre campement.
Au fil de la discussion, nous apprenons que Wortex a souvent, et vainement, tenté de séduire Chrysobelle, ce qui donne une explication encore avouable à son acharnement. Et puis, avant de nous endormir, au moment où Chrysobelle nous remercie, tout semble devenir flou et nous entendons pique la cloche du quart. Nous nous réveillons à bord de La Chrysobelle, dans nos couchettes. C’est le matin et tout ceci n’était qu’un rêve, le même rêve que précédemment, mais entier cette fois-ci.
Toutefois, vers Couronne, alors que le capitaine observe le ciel qui se couvre au loin, la vigie s’écrie : « Embarcation à bâbord ! » Il y effectivement une barque qui dérive, avec, à bord, une femme blonde d’une quarantaine d’années et cinq chats terrorisés par les vagues. Coïncidence, la naufragée déclare s’appeler Chrysobelle…
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