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Intrigues sur l'île de Goémon
Episode 10 - La première exploration |
Trois hommes d’armes, un sergent, un seul cheval, et bien trop de paillasses pour ce petit nombre de veilleurs. C’est ce que constate Felto en s’approchant un peu plus du feu de camp. Il constate également que le sergent n’est pas là pour rigoler : au moment où les mineurs font entendre leurs jérémiades en contrebas, il s’emporte et les tance copieusement. Après quelques instants de réflexion, il est décidé de passer à l’action. Le jongleur et le conteur descendront comme des chats, et la ravissante capitaine montera la garde avec la plus grande discrétion. Mais bien entendu tout ne se passe pas comme prévu, et Gasparagon, bien plus pataud que son comparse, non seulement donne l’alerte malgré lui, mais fait accidentellement tomber le tronc bloquant la fermeture du passage secret. Ils sont passés, sains et saufs, mais restent enfermés à l’intérieur.
Gasparagon, paradoxe ambulant, se révèle soudain sous un jour bien curieux : celui d’un être terrifié par les passages souterrains, alors qu’il y est bien plus à l’aise que l’acrobate. Toujours est-il qu’ils descendent le monumental escalier en colimaçon pour se retrouver bien plus bas dans une sorte de grotte plus ou moins naturelle, au sol taillé par l’homme et parsemé de magnifiques cristaux verdâtres et luminescents. Au bout de cette grotte se trouve une fine et haute ouverture en ogive, habilement façonnée par quelque ouvrier du Second Âge. Car c’est bien ce que Felto affirme à son compagnon tout tremblant, entre deux jérémiades de celui-ci.
De cette ouverture partent plusieurs volées de marches descendantes et rectilignes, séparées par des paliers horizontaux. Le plafond en ogive, lui, reste au même niveau, ce qui lui permet de disparaître rapidement aux yeux des voyageurs. Plus bas, ils observent au sol une cordelette coupée, probable déclencheur d’un piège mortel maintenant hors d’usage. Puis ils arrivent en bas des dernières marches à une nouvelle ouverture en ogive, obturée par une sorte de grille, plus apparentée à une feuille de métal percée de trous qu’à de classiques croisillons de métal. Celle-ci monte vers le plafond désormais trop haut pour être aperçu, et comporte à hauteur d’homme une porte étonnamment gondée. Ils la franchissent après mure inspection.
Au bout du couloir qui lui fait suite, ils débouchent dans une très grande pièce plongée dans l’ombre. Ils se rendront compte par la suite que ses murs latéraux sont concaves et bombés vers l’extérieur, tandis qu’au milieu de celle-ci se trouve un grand escalier, plus large que long, qui permet d’accéder trois mètres plus bas au second niveau de la salle. L’escalier n’atteignant pas les bords de la salle, un escarpement flanque les marches de chaque côté.
En contrebas ils apercevront également plus tard le mur du fond, bien droit celui-ci, et percé de cinq ouvertures en ogive, grillagées comme les précédentes. De l’autre côté de chacune d’entre elles ils pourront contempler une petite pièce oblongue munie en son centre d’une sorte de sarcophage. Seul le mur du fond de celle du milieu semble percé et grillagé, permettant de continuer une éventuelle exploration.
Mais pour l’heure, les deux arpenteurs des ombres entendent les voix des hommes que le seigneur a envoyé creuser. A la lumière des torches qu’ils ont allumées, ils distinguent leurs visages blêmes et tremblants. Ils ont l’air terrifiés par ce qui vint de se passer : un de leurs compagnons vient à l’instant de se faire trancher la gorge, alors qu’il se tenait à proximité de la seule grille qu’ils ont forcée, celle située à l’extrême droite. N’y tenant pas et trouvant la situation trop cocasse pour ne pas en profiter, le petit comédien, invisible aux yeux des ouvriers, prend une voix d’outre-tombe pour leur hurler que la mort les attend en ces lieux. Il est de ce pas imité par Gasparagon, provoquant ainsi la terreur chez ces pauvres hères. Incapable de résister au fou rire qui suit, il est impossible pour Felto de poursuivre la blague jusqu’au bout. Les ouvriers, terrifiés, courent dans tous les sens, paniqués, avant de reprendre peu à peu leurs esprits.
Après avoir apaisé les esprits et répondu aux questions, ils observent la plaie du mort : c’est sans doute une griffe unique qui a égorgé le pauvre Groburle, solide gaillard d’une quarantaine d’années. Tout ceci ne dit rien qui vaille à Gasparagon qui continue de se plaindre, racontant aux ténèbres qu’ils vont tous périr dans d’atroces souffrances. Et c’est sur ces sempiternels atermoiements qu’arrive Ambre, toute souriante. Elle raconte qu’à force de tâtonner elle a réussi à ouvrir la lourde porte de pierre, laquelle s’est refermée derrière elle, n’ayant pas remis le tronc dans l’ouverture. Elle raconte que le capitaine est parti fissa faire son rapport au château, tandis que les autres gardes, leur chef parti, se sont empressés de s’endormir.
Bonus de cases
C8 - Forêt Turmide / Terre en eau en réserve : 1%
C9 - Monts Tuméfiés / Miroir d'Hypnos : 1%
E6 - Sanctuaire de plaine / Détection d’Aura 1%. Auras des 5 portes détectées.
E6 - Sanctuaire de plaine / Lecture d’Aura 1%.
- Cité (Enchantement)
- Nécropole (Purification)
- Pont (Alliance)
- Sanctuaire (Permanence)
- Fleuve (Maîtrise)
- Gouffre (Inconnu)
- Nécropole (Inconnu)
F5 -
Cité de Panople / Lecture d'Aura : 1%
A6 - Nécropole de Zniak / Lecture d'aura : 1%
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Pendant que celui que Gasparagon prend pour un Haut-rêvant s’emploie à diagnostiquer le piège magique posé sur les cinq ouvertures, celui-ci remonte avec les mineurs et le corps de Groburle. Rejoint par le reste de la troupe, ils passent le reste de la nuit à dormir sur les marches derrière la lourde porte de pierre.
3 Sirène
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Au matin Felto redescend poursuivre son inspection.
Bonus de cases
C8 - Forêt Turmide / Terre en eau en réserve : 1%
C9 - Monts Tuméfiés / Miroir d'Hypnos : 1%
E6 - Sanctuaire de plaine / Détection d’Aura 1%. Auras des 5 portes détectées.
E6 - Sanctuaire de plaine / Lecture d’Aura 2%.
- Cité (Enchantement)
- Nécropole (Purification)
- Pont (Alliance)
- Sanctuaire (Permanence)
- Fleuve (Maîtrise)
- Gouffre (Inconnu)
- Nécropole (Inconnu)
F5 - Cité de Panople / Lecture d'Aura : 1%
A6 - Nécropole de Zniak / Lecture d'aura : 1%
C4 - Pont de Gioli /
Détection d’Aura : 1%
A6 - Lecture d’Aura en Sanctuaire de Plaine : 1%
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Puis il reproduit sur un bout de parchemin les inscriptions gravées sur les arches, ramasse des cristaux verts en compagnie de Gasparagon, et remonte aussitôt. Quelques minutes plus tard, la roche s’ouvre.
Dehors les attendent les gardes, le sergent et le seigneur, qui est, c’est bien compréhensible, de fort mauvaise humeur. Las des explications des intrus, il les fait conduire au château sous bonne garde. En chemin ils croisent frère Ildebert, fort occupé sur le bord du chemin à battre comme seigle vert son ouaille Odilon, pour une sombre histoire d’écluse, de carpes et de potager du prieur. Felto tente maladroitement de lui faire passer ses dessins des inscriptions, mais la ruse est éventée et le seigneur en profite pour prier le moine de le rejoindre ce soir dans ses appartements pour un entretien. Puis les intrus sont enfermés dans une pièce solidement barricadée. Le soir venu, il les fait convier pour entendre leurs arguments en compagnie du Frère batteur.
Celui-ci explique que les inscriptions découvertes par les voyageurs sont des runes draédiques. Devant l’incompréhension de l’assemblée, lui et Gasparagon, qui semble décidément être, malgré sa maladresse innée, assez calé en légendes, expliquent qu’il s’agit des runes des « Anciens ». Selon les différentes versions de l’histoire des Trois Âges, les Anciens seraient soit des hommes sages ayant vécu aux Âges précédents, soit des Haut-Rêvants sages, respectueux des barrières de la magie. Ou bien encore des créatures féériques, comme des Alfes, détentrices d’un grand et vieux pouvoir. Dans ce cas ce seraient des êtres « à peu près humains », ou peut-être même « plus vraiment humain ». Magiciens en tout cas, pouvant s’apparenter à ce que d’autres mondes connaissent sous le nom de Déva, Anges, etc. Et ces créatures, ces Anciens, ont laissé des traces de leur passage dans le rêve, comme des ruines mystérieuses.
Quant aux cristaux que Gasparagon sort de sa poche, ils sont complètements ternes, grisâtres, morts. Frère Ildebert explique qu’en alchimie il existe de nombreux cristaux, gemmes, couleurs, éléments. Et que certains d’entre eux, comme les gemmes et les cristaux, sont les plus vivants de tous. Aux cœurs de ceux-ci s’échangent des fluides, tout comme dans les végétaux. Etant nourris par le lieu où ils naissent, les en arracher les tue.
Pour revenir à de plus basses considérations, l’entrevue avec Roderic d’Harloi ne se serait pas trop mal passée si Gasparagon et Felto ne s’étaient pas contredits tout le long. Il résulte de l’entretien que les voyageurs « aideront » le seigneur à explorer les lieux. Ils repartent dans leur geôle en maugréant et en se jurant de négocier un arrangement à leur avantage, et sont à nouveau conviés à rencontrer le seigneur le lendemain matin.
Le journal de Gasparagon
3 Sirène
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Au matin Felto et moi descendons, je récupère de cristaux verts avec lui, puis il va copier les dessins gravés sur les arches. Puis, une fois remonté, la porte en pierre s'ouvre. Le seigneur, fort mécontent, le sergent et les gardes nous accueillent. Le seigneur nous fait escorter au château et ne veut rien entendre. Sur le chemin, frère Ildebert nous rejoint, tapant sur Odilon et Felto lui passe discrètement le papier muni des inscriptions, mais le moine ne comprend pas et évente la ruse. Le seigneur arrive alors, et le prie de venir dans ses appartements. Enfermés dans une pièce barricadée... je sens les problèmes à plein nez.... Le soir, le seigneur nous convoque pour des explications... Frère Ildebert est aussi là, et nous apprend que les dessins qu'a copié Felto sont des runes draédiques.
Felto et Ambre étant de sombres incultes, je leur explique, avec l'aide d'Ildebert pour les détails et les passages qui me sont un peu effacés: ce sont des runes des « Anciens », aussi appelés (« Déva », ou encore « Anges ») en quelque sorte, leur alphabet. Les « Anciens » sont, selon les versions de l'Histoire, des humains du Second Âge, des Hauts-Rêvants non mégalomanes, des Alfes, des gnomes, et encore bien d'autres créatures magiques. La seule vraie description connue est qu'ils sont « à peu près humains » et « plus vraiment humain » Les Anciens ont été une grande civilisation, qui a laissé beaucoup de traces, comme des constructions, devenues des ruines depuis leur disparition.
Après ces explications, je veux sortir mes cristaux... ou plutôt ce qui en reste! Ces beaux cristaux rayonnants sont devenus une poudre verdâtre, morte, semblable à du verre poli.... Étrange.... .
Ildebert l'érudit, nous apprend que les gemmes et les cristaux sont les entités ayant le plus de relation avec leur environnement. Si on les en sépare; ils meurent , comme une fleur se fane, mais beaucoup plus rapidement, ce qui explique le contenu de ma poignée.
Devant le seigneur, je ne sais quoi dire, et, tentant de dire la vérité, je m'embrouille et je contredis Felto.
Nous devrons donc «aider» le seigneur, qui se garde la nuit pouvoir réfléchir.
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3 Sirène
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Tandis que le bourreau aiguise la lame de sa hache dans la cour, le maître des lieux leur explique de bon matin que s’ils ne « l’aident pas », ils seront proprement exécutés. Ceci, pour direct que ce soit, a l’énorme avantage de mettre tout le monde d’accord.
Et lorsque Gasparagon, dans son abyssale candeur, demande au seigneur si en plus de leur service gratuit ils devront payer eux-mêmes leurs repas, et que celui-ci s’empresse d’acquiescer sarcastiquement, Felto ne peut s’empêcher d’éclater d’un rire franc et sincère, bien que tirant tout de même pas mal sur le jaune.
Le journal de Gasparagon
3 Sirène
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Dans la cour, un homme aiguise une hache... Je suppose que ce doit être le bourreau. La proposition est simple: La pioche ou la mort. Je demande alors si nous devrons payer nos repas, pensant, si oui, pouvoir chercher herbes et gibier (sous bonne garde, je ne suis pas simplet). Le seigneur dit que oui, et Felto rit. Il est vraiment très bizarre, ce petit homme...
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