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A l'heure du vaisseau
Episode 3 - Un bateau en forêt |
8 Vaisseau
Clopin-clopant, suivant le cours d’eau où les bûcherons font flotter leur bois de coupe, nous arrivons à Glupnö, où le capitaine Gribkin, un voyageur récemment arrivé a pris le village sous son contrôle. De loin, on aperçoit la carcasse du bateau en construction. C’est gros. Tout le monde est très affairé.
Les bûcherons nous avaient un peu prévenus, mais en réalité, de près, c’est pire que tout ce qu’ils avaient pu nous raconter. Ce Gribkin est visiblement un Haut-Rêvant qui ne s’en cache guère et utilise ses pouvoirs pour susciter des « signes » à l’appui de sa « prophétie ». Et quand cela ne suffit pas, il organise l’élimination de ses opposants. Pour l’instant, Picrate, l’ancien tenancier de la maison des voyageurs a été tué par Bulnek qui a été promu sergent de la milice en récompense, tandis que l’ancien chef du village, Louseur, a été jugé et pendu pour s’être opposé à la construction du navire. Après une rixe sévère, une demi-douzaine de personnes, dont certaines blessées, ont fui le village pour ne pas revenir.
Dans cette douce ambiance, bizarrement, on ne nous accueille pas si mal. Le seul souci des gens rencontrés, c’est de savoir si nous voulons faire partie du voyage ou non. Si c’est le cas, il faut nous acquitter de travaux communs, sinon, j’ai comme l’impression qu’il ne vaut mieux pas s’attarder… Mais prudents, nous ne les contrarions pas et on nous fait faire un tour du village pour nous présenter les ateliers et l’avancée du chantier. Comme le fera remarquer un peu plus tard Gasparagon : « C’est la loi martiale… ». Le seul personnage un tantinet sympathique par ici, c’est Wodiak, le forgeron. Tous les autres rampent devant leurs bourreaux.
De l’atelier où les femmes du village tissent les voiles et les cordages du futur bateau, nous parviennent les claquements d’un fouet et des cris de douleur. Une femme est à genoux la cour, torse nue et pleure. Son dos est couvert de zébrures. C’est la plus belle femme que j’ai jamais vu. Je sais que c’est celle que j’attendais depuis toujours, celle avec qui je finirai mes jours. Je m’agenouille à ses côtés, je couvre sa poitrine et je commence à l’oindre d’un baume que je remisais par devers-moi. La chiourme qui vient de lui infliger ce supplice, une femme énorme et d’une laideur insigne, se met dans une colère folle en voyant que l’on ose porter secours à sa victime. Elle braille, gesticule, tempête, menace, appelle à l’aide et bien sûr, toute cette comédie se termine en eau-de-boudin, car elle finit par se ridiculiser devant les renforts. Après lui avoir arraché son nom à mon aimée, je laisse la repartir en me promettant de revenir très vite, lorsque sa tourmenteuse sera au loin. Elle s’appelle Alcéyade et sa tortionnaire Wéa. La tisseuse et la porchère. L’innocence et la bêtise. La belle et la bête…
Nous finissons par être présentés à Gribkin qui a enfin « terminé sa méditation draconique » et daigne nous recevoir. Il est fat, prétentieux, très sûr de lui et absolument obsédé par son projet. Il nous confirme qu’il a été marin autrefois. Nous convenons de l’aider pour « gagner notre place à bord », chacun selon nos capacités. Gasparagon chassera, Ambre-Ivoire tissera et moi, j’irai aider les charpentiers.
9 Vaisseau
Et dès le lendemain Sirène, nous voici tous trois à l’œuvre de gagner notre portion de salut. Et surtout d’essayer d’y voir plus clair dans tout cela. Mais nous piétinons, les gens sont moroses et renfermés, ils desserrent à peine les dents. En plus de ça, Alcéyade me bat froid et me repousse comme si je n’étais qu’un groin mâtiné de sagouin… La ritournelle des enfants me lancine passablement le cervelet, quand je réalise soudain que ses paroles sont peut-être un reflet du rêve des Dragons :
Cours ! Cours après la Mouche !
De l'autre côté du ciel,
Là où l'eau de sa bouche
Attrape un goût de sel !
Au soir, après le retour de Gasparagon, nous décidons donc de partir dès le lendemain pour suivre la route. Je décide de renoncer à Alcéyade. Je me dis que ça ne devrait pas faire beaucoup plus mal que la fois où je le suis arraché l’ongle du gros orteil en trébuchant sur un clou rouillé, mais en fait, si…
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