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A l'heure du vaisseau
Episode 8 - La (re)prise de Glüpno |
7 Sirène
Plusieurs jours plus tard, nous sommes observons Glupnö, embusqués dans les bois en nous demandant quoi faire. Quelques redoutes ont été érigées, plusieurs patrouilles de deux hommes arpentent le hameau et la construction du navire a bien avancé. À la tombée de la nuit, nous décidons de nous glisser subrepticement chez Wodiak en savoir plus sur la situation, tandis que Dobert et ses hommes restent dans les bois.
En évitant la patrouille, nous frappons au volet, Wodiak nous ouvre et, devant un reste de potée refroidissant, il nous apprend où en est la situation, et de notre côté, nous lui apprenons que nous avons retrouvé et ramené Dobert et les autres. Peu après, Tomblast nous ayant rejoint, notre opération prend forme. Nous allons nous embusquer derrière une maison et la patrouille attirée par le fils de Wodiak qui joue le rôle de la chèvre est rapidement mise hors d’état de nuire. Les gardes saucissonnés sont enfermés dans la cave de Wodiak et nous nous mettons en place pour prendre la seconde patrouille au même piège.
Les deux gardes ayant rejoint les premiers dans le sous-sol du forgeron, nous allons mettre le maître-charpentier hors d’état, après quoi nous nous dirigeons vers la maison des voyageurs reconvertie en caserne minable de la milice rurale. Nous entrons sans coup férir et devant le nombre des révoltés, les gardes rendent les armes sur-le-champ. À l’étage en revanche, Bulnek, tiré de son sommeil par le bruit, s’arme en hâte et se jette sur les trois meneurs villageois. Mais il n’est pas de taille contre ses adversaires, ivres de rage et assoiffés de vengeance. Après une brève mais bruyante escarmouche, le sergent ricanant passe de vie à trépas, sans laisser de regret parmi les siens. Sa dépouille mortelle est plantée sur un croisillon de bois devant la porte de Gribnik. Alerté par le bruit, le haut-rêvant envoie un de ses gardes aux nouvelles, mais nous l’incarcérons sans envoyer de réponse à son maître, afin de le laisser méditer sur ses turpitudes. La nuit porte conseil…Le lendemain, caché derrière ses volets, Gribnik demande des comptes et commencent alors des négociations entre l’ensemble des villageois d’une part et le haut-rêvant de l’autre. Assez vite, je prends la parole et je fais remarquer que sans les villageois, le navire ne sera jamais terminé, mais que les villageois sont prêts à mener le chantier à bien, à condition que les exigences soient exaucées. Si tous les villageois reçoivent l’assurance de trouver une place à bord, si Gribkin rembourse les sommes extorquées et s’il cesse de se comporter en despote, il aura une place à bord du navire terminé. Après quelques hésitations, tout le monde s’accorde sur cet accord.
Quelques jours plus tard
Le navire, baptisée, la Chrysobelle, est entièrement achevé, nous ne travaillons plus que sur les pièces de rechange et Gribkin commence à s’agiter un peu. Il prétend que la mer ne saurait tarder à arriver. Nous décidons donc de nous installer à bord, mais les travaux continuent au sol et Gasparagon va régulièrement chasser dans les bois. Un soir, conformément aux termes de l’accord, Gribkin boit l’Œuf de Dragon et commence à nous raconter son histoire : navigateur de renom, le capitaine Gribkin avait toujours su éviter les déchirures qui empoisonnent la vie des marins et rendent les voyages maritimes si dangereux. Jamais il n’avait été pris par surprise et il avait toujours mené son navire à bon port. Mais un jour qu’il avait débarqué sur une côte inconnue, voilà qu’il se laissa surprendre comme le dernier des moussaillons par sa première vérole par une déchirure inopportune et se retrouva perdu chez les terriens, sans la moindre goutte d’eau salée en vue. Obsédé par cet échec et par l’impossibilité de retrouver la mer océane, il décida de tout mettre en œuvre pour la retrouver.
Et puis à peine son récit terminé, le voilà qui se met à rêvasser. Je bondis en hurlant : « Tous à bord ! Vite ! », mais trop tard. Déjà, la moirure violette commence à miroiter autour du mont et, avant même que tous les villageois aient pu monter à bord, le navire se retrouve au beau milieu d’une plaine désolée où des centaines de Groins se ruent immédiatement sur la coque et montent à l’assaut du bastingage. Gribkin se concentre à nouveau et la Chrysobelle disparaît pour réapparaître immédiatement dans le ciel d’une cité inconnue. Quelques Groins encore accrochées aux œuvres vives lâchent prise et pleuvent alors sur les maisons, toutes petites loin en-dessous.
Puis soudain, le calme revient et nous respirons enfin l’air marin.

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