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Chapitre premier
Un nouveau venu dans les canneaux
La perdrix est mouillée jusqu'au cou |
Ils planquent pendant deux heures en attendant la sortie du père Cafelli, mais en vain. La nuit tombe, et le jésuite décide de rentrer à son couvent pour effectuer quelques recherches. Don Ignacio file chez lui pour profiter d’une bonne nuit de sommeil. Ils se promettent de s’envoyer un billet pour se tenir au courant de l’avancée de leurs enquêtes mutuelles.
11 janvier 1620
Le lendemain matin l’espagnol se lève pour féliciter Don Pablo de son rétablissement, et se recouche pour à la fois profiter de sa semaine de relâche, et rattraper un peu de sommeil en retard. L’après-midi il se promène en ville. Le soir il lâche son pigeon avec un mot attaché à la patte :
« Le cœur du renard saigne de ne pouvoir caresser sa perdrix. Un seul mot de vous et j’accours ventre à terre. »
12 janvier 1620
Le lendemain matin l’espagnol laisse un mot au lieutenant criminel, directement dans une bouche d’or :
« Mon lieutenant,
l’enquête avance, nous tenons une piste. Un service en entrainant un autre, je souhaiterais vous entretenir sur l’affaire du couvent. Je reste à votre disposition pour une entrevue au moment que vous jugerez adéquat. »
Puis il se rend au couvent pour enquêter. Là il se rend compte que c’est compliqué, un couvent est en réalité comme une place forte hermétique. Il réussit à parler au prêtre qui vient donner la messe trois fois par jour. Celui-ci explique que la femme enlevée se nomme Flora, et qu’elle était au couvent avant qu’il n’y prenne ses fonctions, c’est à dire il y a plus de six mois C’était une jeune novice, qui n’avait pas encore prononcé ses vœux. Les cinq hommes ont escaladé le mur du jardin, forcé la porte, assommé des nones et enlevé la fille. Mais il ne peut en dire plus, car l’enquête est secrète, et dépend directement de l’évêque de San Marco, dont le véritable titre est « Patriarche », Giovani Tiepolo.
Il se rend donc à San Marco et rédige un mot pour ce dernier :
« A son Excellence Giovani Tiepolo, Patriarche de l’Eglise Catholique à Venise.
Je vous prie, Excellence, de bien vouloir excuser un pauvre hidalgo d’abuser de votre temps si précieux, mais je me sens investi du pouvoir de résoudre l’affaire de l’enlèvement de Flora, du couvent des servites de Jésus. Je me tiens à votre entière disposition pour vous aider dans votre tâche.
Don Ignacio Ramirez De Montoya Y Caceres »
Il remet la lettre à un des chanoines, à qui il est obligé d’en dire suffisamment pour que le mot soit bien transmis. Puis il se fait aborder par un borgne boiteux et mal fichu qui commence par lui proposer de lui fournir femmes et plaisirs en tout genre. Il refuse mais lui demande de se renseigner sur la femme enlevée, contre, après une âpre négociation, 25 ducats. Rendez-vous le lendemain soir à l’Auberge du Singe. Enfin, Don Ignacio rentre se coucher, et trouve un mot sous sa porte :
« Des furets encerclent le nid, la perdrix se réfugiera ce soir à complies aux Rideaux Rouges. »
A propos de ces mystérieux Rideaux Rouges, Miguel dit que c’est une maison de plaisir de Castello. Il indique la rue au chanceux espagnol, qui s’y précipite. Il finit par trouver l’entrée, à laquelle on accède à l’aide d’une petite barque pilotée par un homme de la maison. Heureusement que sa maîtresse lui a laissé une bourse bien fournie à l’entrée (cinquante ducats), car sinon il n’aurait pas pu y mettre un seul pied, les videurs veillant au grain.
Il trouve, ou plutôt se fait trouver par la belle blonde au bout de quelques minutes, et elle lui apprend que cette maison, célèbre entre toutes, appartient en fait à Juliana Saliestri, la fameuse courtisane dont celui qui a perdu la broche est l’amant. Quant à elle, elle doit partir en exil forcé : heureusement qu’on l’a prévenue, elle a pu fuir avant que des spadassins assiègent son logis. Après quelques ébats amoureux plein de fougue, le moment est venu de se séparer. Il la raccompagne à sa gondole, et la regarde s’éloigner au loin. Alors qu’il s’apprête à partir, il remarque à ses pieds une petite aumônière parfumée contenant, outre quelques piécettes, un bâtonnet de cire et un bâton à cacheter, un mot plié en quatre :
« Ils ont pris les papiers de ce pauvre Marcello, fuyez avant qu’ils ne remontent jusqu’à vous. »
13 janvier 1620
Dès le lendemain, il se rend au Palais des Doges, afin de parler au lieutenant. Il y parvient non sans mal, et celui-ci l’entraine au milieu du Grand Canal pour pouvoir parler à l’abri des oreilles indiscrètes.
Il lui montre le mot et celui-ci semble étonné. Il révèle que la française se nomme Béatrice de Clothay et n’est autre qu’une espionne pour le compte de la couronne de France, tout comme Marcello l’était pour celui de la Sérénissime. Pour lui, la secte à la toile d’araignée est un tissu de racontars. Il y a quelques années, il a lui-même arrêté une bande de scélérats qui enlevaient des femmes au nom du diable, mais il doute que ça ait un quelconque rapport. Il révèle aussi le nom de la femme enlevée : Flora Guistiniani. Cela éveille aussitôt un souvenir dans la mémoire de Don Ignacio : le charlatan qui a soi-disant soigné Don Pablo a aussi soigné et guéri un Giustianini. Il est temps de lui rendre visite.
L’espagnol laisse le mot à Brozzi, et file voir Miguel, qui dit que c’est la Zebina qui a trouvé le médecin. Il se rend à l’auberge du Pont, ou réside la maîtresse de Don Pablo et la trouve. Elle donne à l’enquêteur l’adresse du domicile du médecin. Il s’y rend, et ne le trouve pas. Il doit être à l’université, lâche un commis. Le spadassin s’y précipite et entre dans le bâtiment. Il trouve l’amphithéâtre ou le grand échalas donne son cours, et attend la fin pour aller lui parler. L’homme en noir s’étonne tout de même un peu des questions de l’espagnol, mais obtempère tout de même d’assez bonne grâce.
Il dit que les Guistiniani sont une grande famille patricienne de Venise. Ils possèdent plusieurs palais, dont le plus connu est, comme son nom l’indique, le palazzo Justinian, demeure de Pietro Guistiniani, Il y a aussi la Ca’ Foscari. Ils ont des possessions partout sur le continent, et dans les provinces outremer. Ils ont aussi, l’un n’allant pas sans l’autre, beaucoup d’ennemis. Pietro a une quarantaine d’années, et sa femme a accouché d’un garçon, Marcantonio. Le plus célèbre des Guistiniani est l’oncle de Pietro (le frère de son père), Pompeio « Bras de Fer », qui perdit son bras sous les ordres du marquis de Spinola aux Pays Bas. Celui-ci eut un fils, qui, avant de décéder, eut juste le temps de se marier et d’engendrer deux jumelles, Flora et Isabella, que Pietro, leur plus proche parent, enferma au couvent il y a trois ans à la mort de leur mère.
De retour à l’ambassade ou il passe de temps en temps voir si il n’a pas de courrier, Don Ignacio se voit remettre par Don Pablo une convocation au bureau épiscopal à San Marco. Il rentre chez lui et passe une nuit tranquille, mais non sans s’être au préalable rendu à l’auberge du singe pour y rencontrer son informateur. Le visage de celui-ci se décompose au fur et à mesure que Don Ignacio lui révèle qu’il a lui même répondu aux questions dont il lui a demandé de trouver les réponses. Mais il veut en savoir plus encore, et engage le borgne à trouver d’autres informations plus précieuses encore.
14 janvier 1620
Le bureau est quasiment attenant à la grande église. Il s’y présente et ne tarde pas à être reçu par un des secrétaires de Son Excellence, un bonhomme gras et adipeux, plongé dans des livres et des tas de papiers, le père Giorgio Gordi.
L’espagnol lui répète qu’il a le sentiment de pouvoir résoudre l’affaire du couvent. Il raconte son rêve, et se rend bien compte que cela ne va pas suffire pour obtenir un blanc seing de la part de l’obèse. Il réinvente donc la fin du rêve, ou il aurait vu, soit disant, la belle Flora se dédoubler comme si elle se voyait dans le reflet d’un miroir. Ceci a l’effet souhaité, et incite le gros à la confidence : la jumelle, Isabella, a disparu quelques jours avant l’enlèvement de sa sœur Flora. De plus, il rédige devant lui une lettre d’introduction auprès de la mère supérieure des Servites. Muni de son précieux bout de papier, le jeune espagnol s’en va trouver le père Di Bardi, afin d’aller interroger la vieille none accompagné d’un religieux, histoire de disposer, en plus de son autorité naturelle, de celle de l’église. |
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