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Chapitre premier
Un nouveau venu dans les canneaux
La réunion des comploteurs |
Le soir même Do Ignacio part faire une reconnaissance en terre ferme afin de repérer les lieux. Cela ne lui apporte rien si ce n'est le fait d'apprendre que la villa est partiellement en ruine, un mur s'étant écroulé, et qu'elle appartient à la famille Albrizzi, qui cherche désespérément à la vendre.
29 janvier
Le lendemain soir ils y retournent pour tenter d'assister au rassemblement des conspirateurs. Ils se cachent dans le jardin et attendent. A partir de minuit, des lumières naissent dans la nuit, de dirigent vers un point obscur du jardin et disparaissent. Ils se rapprochent et observent un dialogue entre le les groupes d'arrivant et un gardien, lui aussi en robe noire. Après avoir échangé quelques mots avec celui-ci, ils pénètre dans un souterrain.
Fort heureusement l'ouïe fine de Di Bardi leur permet d'entendre le mot de passe : "Lorsque le lion est si fort, il ne saurait craindre la mort".
Fort de cette information, ils neutralisent trois conspirateurs dont ils volent les vêtements et se rendent à l'endroit en question. Ils donnent le mot de passe, Don Ignacio avec son accent espagnol à couper au couteau. Le gardien tique mais les laisse passer.
Ils débouchent, après avoir suivi un escalier tournant, dans une ancienne cave dotée d'un puits couvert d'une grille et de six colonnes de chaque côté. Derrière celles-ci se trouvent des tableaux illustrant les enfers de la Divine Comédie.
Lorsque tout le monde est arrivé, une silhouette encapuchonnée qui ne se distingue des autres que par le médaillon doré qu’elle porte autour du cou. l'homme se met à haranguer ses ouailles d'un bien sombre discours, qui restera étrangement gravé dans la mémoire des héros :
« Comme autrefois le Poète a prédit les discordes de Florence, en vérité je vous le dis, moi, qu’elles arrivent sur Venise, et que vous en serez les plus ardents promoteurs. Je vous le dis, le doge Antonio Priuli mérite la mort et lui aussi sera dévoré. Je vous exhorte à ne pas oublier ce que la République fut autrefois pour mieux comprendre ce qu’elle est aujourd’hui devenue : le repaire du péché et de la corruption. Bientôt, nous la mettrons à bas et l’Âge d’or nous reviendra, à nous les fidèles des anciennes Puissances. Nous retrouverons la maitrise des sept mers ; notre pouvoir sera régénéré, âpre au monde, prompt à imposer sa suprématie, comme l’Empire le fit jadis dans toutes ses colonies, jusqu’aux limites du monde connu, avant que l’abêtissement servile de la fausse religion ne vienne lui ôter ses griffes. Nous inonderons la lagune de ces nouvelles richesses, qu’elle mérite ; nous sauverons nos miséreux et renforcerons nos armées. Notre pouvoir sera fort des siècles anciens et de l’ardeur de notre combat. Et vous, mes Stryges, vous mes Oiseaux de nuit, serez Harpies et Furies, jetés en tous points de la ville, jusqu’à ce que sur les vestiges de l’ancien monde, s’élève enfin le régime nouveau, celui que nous appelons de nos vœux !
« Aujourd’hui, tous les serviteurs de votre maître sont en place, la flotte de Charon remonte l’Adriatique, et mes forces prennent lentement place dans Venise. Cerbère traque nos derniers opposants, tandis que Géryon descend de Carinthie avec ses troupes. Astaroth, Phlégias, Belzébuth, Méphistophélès & Asmodée, chacun de leur côté œuvrent pour l’avènement de notre Maître à tous ! En vérité, notre heure est venue ! »
Puis, on lui tend un coq noir qu’il sacrifie au-dessus d’un calice qu’il porte ensuite à sa bouche. Un à un, chacun des participants s’avance pour tremper ses lèvres dans le calice impie et reçoit une étrange bénédiction :
« Je te nomme Sémiaza, des Séraphins de l’Abîme, tu suivras Astaroth ; je te nomme Chochariel, des Chérubins de l’Abîme et de l’ordre de Python-Luzbel ; je te nomme Anatnah, des trônes, tu suivras Belzébuth; je te nomme Alcanor, des Dominations de l’Abîme, tu suivras Géryon ; je te nomme Amaniel, tu suivras Belzébuth ; je te nomme Raner, des Puissances, tu suivras Asmodée ; je te nomme Amalin, des Vertus de l’Abîme, tu suivras Phlégias ; je te nomme Sbarionath, des Principautés, et je te nomme Golem des Archanges, tu suivras Méphistophélès ; je te nomme Élaphon des Anges de l’Abîme, tu suivras Lucifer… ».
Après quoi, chacun s’en retourne à sa place. Le maître de cérémonie ajoute alors :
« Voici, mes Anges, voici mes Démons, mes Oiseaux de Nuit ! Allez, répandez-vous sur Venise et soyez prêts à répondre à l’appel des canons ! Mais avant cela… avant cela, remerciez avec moi un invité de marque, mes amis. Car parmi nous se tient celui sur lequel Lucifer notre maître tient tant à mettre la main ! Merci Don Ignacio d’être venu de si loin pour mourir ! ».
Entendant cette dernière phrase, l'espagnol dégaine et se fraye un passage tant bien que mal vers la sortie, essuyant deux balles de pistolets de la part du chef. Une brève course poursuite s'engage dans la nuit, à l'issue de laquelle il parvient, malgré ses blessures, à semer ses poursuivants. Le père Di Bardi, que personne ne soupçonnait derrière son masque, parvient lui aussi à s'en sortir, indemne.
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