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Chapitre premier
Un nouveau venu dans les canneaux
La maison de rendez-vous |
31 décembre 1619
En ce jour de réveillon, Don Ignacio décide d’aller observer de plus près l’étrange demeure dans laquelle s’est engouffrée la gondole de sa conquête. Il s’y rend la journée et n’observe que très peu de choses. Le rez-de-chaussée et les deux premiers étages sont clos par des volets, alors que les gardiens vivent au dernier étage. Leur logis est muni d’un escalier extérieur indépendant.
Le soir il décide d’y retourner en barque. Il tente d’en voler une mais se fait prendre par deux commis, et se voit dans l’obligation de les remettre à leur place à coups de poing. Il finit par en trouver une et au moment ou il s’apprête à ramer, il croise la route d’une gondole qui navigue fanal éteint. A son bord deux rameurs et un homme capé et feutré de noir. Il tente de les aborder, mais ils s’esquivent. Puis il se met en devoir de les rattrape. Peine perdue, ils sont plus rapides que lui. Alors il se rend à la maison borgne, et planque devant. Il aperçoit la barque au fanal éteint qui passe devant lui, qui parlemente avec une personne derrière les grilles, qui rentre, et qui ne tarde pas à ressortir sans son principal occupant, l’homme au feutre et à la cape. Les gondoliers rallument leur fanal, et il décide soudain de les prendre en chasse. Il ne parvient toujours pas, hélas, à les rattraper, étant naturellement moins doué pour les rames que deux Vénitiens aguerris.
Il décide alors de revenir devant la maison. Il en voit sortir, au bout de quelques temps, une barque pilotée par deux rameurs, et transportant trois silhouettes. Une petite en aube de moine, une autre plus grande et plus vieille, et une troisième plus jeune. Il les prend en filature, et les suit jusqu’à ce qu’ils débarquent, non loin. Il laisse tomber sa barque à son tour et continue sa filature. Arrivés au pont du Rialto, gardé comme il se doit, ils se séparent. La silhouette du moine s’en va, laissant continuer sa route aux deux autres silhouettes, le vieillard et la plus jeune. Il laisse tomber le moine et suit les deux autres. Il ne tarde pas à les perdre car ils reprennent une barque de manière impromptue. Il s’élance en courant à travers les ruelles, avec peu d’espoir cependant de les retrouver tant le dédale de rue et de canaux est inextricable. Mais au détour d’une rue, alors qu’il traverse un pont, il se retrouve face à une des portes du ghetto juif. Là, des gens sont en train de distraire des gardes, pendant que la barque qu’il suivait et qui s’est accolée à la paroi d’une maison, procède juste à côté à une manœuvre des plus délicate. Des hommes sont en train de hisser à l’aide d’un palan les deux silhouettes, l’une après l’autre, pour les faire entrer dans une maison par le fenestrou du troisième étage. Le tout au nez et à la barbe des gardes sensés surveiller le couvre feu du ghetto.
Lorsque l’opération est finie, la barque s’éloigne et rallumant son fanal. Voulant en avoir le cœur net, Don Ignacio l’intrépide court sur le pont, saute sur la barque afin de surprendre les rameurs. Mais il rate son coup et se retrouve à l’eau. Il manque de se noyer. Lorsqu’il reprend pied sur le pont, la barque est déjà loin. Il rentre à son logis transi de froid.
1er janvier 1620
Le lendemain, l’espagnol a de nouveau le devoir d’escorter un visiteur à l’ambassadeur. Il s’agit d’un moine de petite taille, et il reconnaît immédiatement la silhouette en aube de la nuit dernière. Il décide alors de s’en ouvrir à son Excellence. Celui-ci lui explique Qu’il s’agit du père bénédictin Benedetto Castelli, et qu’il a, la nuit dernière, porté un exemplaire du livre d'Enoch au vieux Yehuda ben Yakoub – surement celui qui s’est fait hisser au troisième étage - dans le Ghetto en échange d'un service dont il ne s’ouvre pas à l’espagnol.
Un peu plus tard, il décide d’enquêter sur le sceau en forme de toile d’araignée. Il se rend place Saint Marc et montre le sceau à quelques scribes. Les premiers ne savent rien, et le troisième bredouille une vague excuse d’un air coupable en prétextant ne rien savoir. Lui sait, c’est certain. Le soir Don Ignacio revient et suit le scribe jusque chez lui. Là il l’aborde et lui redemande ce que signifie le sceau. Il blêmit et refuse de répondre. L’hidalgo menace, mais l’autre explique les yeux exorbités qu’il peut lui faire ce qu’il veut, ce ne sera jamais rien en comparaison avec ce que EUX peuvent lui faire. Puis il rentre chez lui.
L’espagnol planque, et ne tarde pas à apercevoir le scribe sortir en catimini avec des airs de conspirateurs pour aller déposer une lettre dans une bouche d’or. N’écoutant que son courage, il va chercher de l’huile dans une barque et met le feu à la bouche d’or, espérant détruire ainsi le mot qui l’incrimine. Hélas il fait ça en plein jour sans se cacher, et lorsqu’il rentre chez lui, il se rend compte qu’il est suivi. Il traine un peu, et de retour à son logis, trois pendards sont là pour l’inviter à les suivre. Se sentant dans le pétrin, il décide de n’opposer aucune résistance. Il est conduit au Palais des Doges, emmené dans des couloirs sans fin dans une petite pièce ou il rencontre celui qu’il appellera par la suite le Petit Inquisiteur. C’est en quelque sorte le chef de la police secrète de Venise, ne répondant qu’aux trois grands inquisiteurs en personne.
Il questionne Don Ignacio sur ce que qu’il suppose être la raison de sa présence ici. Ne sachant pas ce que sait de lui la personne qui l’interroge, il n’en dit que très peu, préférant le laisser venir. Effectivement il en sait pas mal : La bouche d’or, l’attentat contre l’ambassadeur, et plus encore. Mais rien de ses histoires avec la toile d’araignée et la femme brune. Dieu merci le chef de la police ne lui tiendra pas rigueur de son acte de vandalisme, et semble croire les explications assez fumeuses qu’il lui sert. A la fin de l’entretien, il lui demande si il veut bien travailler pour lui en laissant trainer ses oreilles à l’ambassade, en échange d’une place au consulat d’Espagne à… Paris. Le fier hidalgo refuse tout net, ne voulant pas trahir son roi. En conséquence le petit inquisiteur lui signifie que la surveillance autour de lui ne pourra aller qu’en s’intensifiant. Ils se quittent néanmoins courtoisement.
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