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Accréditations :
Laurent, Mathieu, Fred, Pierre, Jisset |
Chapitre premier
Introduction
À bord du Lune Larme |
20 Serpent
C'est en achevant ses affaires courantes, que Le prince Amadjé reçoit un message du son ami le chevalier de Blanche Fleur Jucamiel, à propos d'une fleur et d'une mère. Et c'est en en méditant ce mystérieux billet qu'il se rend au Port Oliphant, pour embarquer à bord du Lune Larme, fin et effilé vaisseau Ashani affrété par l'Ordre pour son voyage. Il rencontre successivement sous le pavillon de l'offrande Frère jucamiel, accompagné de Frère Onash, un compère plutôt sec et grincheux, Shéna Ij Sul Louko, l'homme de confiance du seigneur Al Shazaar qui s'avère être une jeune femme charmante et fort sympathique. Le capitaine se nomme Cœur Doux, et le médecin de bord, un petit être gris, bilieux, chafouin et mal habillé, se présente sous le nom de maître Loufend. Parmi les autres personnes se trouve le pilote, un Brumeux silencieux présenté sous le nom de Sham Libéli, une quinzaine d'hommes d'équipages, et une douzaine de nomades Ashanis sensés assurer la sécurité des passagers.
Le capitaine offre le thé du départ, et les conversations vont plutôt bon train entre le jeune prince et Shéna. Il s'avère qu'elle est une Initiée de la Flamme, adoratrice du Feu Draconique qui chassa l'eau du désert vers les mer des Offrandes. Elle occupe la fonction de diplomate au service du puissant Seigneur Al Shazaar depuis quelques années. Puis l'ancre est levée et le vaisseau s'élance sur la mer sèche. Le premier jour ne se passe pas très bien pour le prince, qui subit les affres d'un mal de mer carabiné qui le cloue au lit dans sa cabine.
21 Serpent
Il ne se passe rien de notable en cette journée de navigation. Le prince est toujours confiné dans sa cabine, sujet au mal de mer.
22 Serpent
Au matin du troisième jour de navigation, le 22eme jour du mois du Dragon, le jeune homme va beaucoup mieux. Il en profite pour demander à Shéna de lui trouver du thé des ivrognes, le thé qui permet de soulager les maux de tête et les nausées dues à la trop grande consommation d'alcool. Interdit dans la plupart des pays de la Mer Sèche, il est cependant trouvable auprès des bonnes personnes. Le médecin de bord, sous des dehors de grave incompétence, lui en fournit un flacon.
A l'heure du Vaisseau, la vigie lance un cri alarmé. « Trois hommes à la mer ! ». En effet, de petites silhouettes sont aperçues dans le désert, faisant des signes désespérés pour se faire remarquer du Lune Larme. Une fois à bord, ils se présentent comme Nazir, un marchand carré de mâchoire, costaud, buriné et taciturne, son secrétaire Yalmoussa qui souffre d'une vieille blessure handicapant son bras, et aussi son homme de confiance, le discret Jopou. Ils sont sales de la poussière du désert, et se désaltèrent à l'eau et au thé qu'on leur sert.
À midi, lors du repas, le prince Amadjé tente d'organiser une entrevue seul à seul avec frère Jucamiel en essayant de l'attirer avec des pâtisseries, mais sans succès. Ce dernier lui fait comprendre à demi mots que cela n'est pas possible. Peut-être est-du dû au fait que le frère Onash ne le quitte pas d'une semelle ? Du coup il demande à Shéna de bien vouloir avoir l'amabilité de questionner l'insaisissable Jucamiel afin de savoir pourquoi il refuse l'entrevue.
Le soir, le capitaine invite tout le monde à dîner sous la « tente » qui n'est autre que le château arrière. La conversation est agréable, et l'on finit par comprendre ce que faisaient les trois naufragés dans le désert : ils se dirigeaient vers l'île de Beau Memeth, lorsqu'ils se firent rançonner par leur escorte, un petit clan d'Eferaldis dirigés par un dénommé Xiaï. Voilà quatre jours qu'il éraient dans le désert à le recherche d'un peu d'aide.
La conversation dérive sur Urbis, terre natale de Yalmoussa et Amadjé. Il s'avère que le jeune homme au bras malade connaît force légendes au sujet de la ville qu'il a quitté peu après sa naissance, et cite sans faillir le nom des Huit Rêves d'Urbis.
Puis frère Onash suggère au capitaine, qui ne cesse de complimenter la jeune femme qui accompagne le prince, de faire part à Nazir de la bonne nouvelle. En effet le navire compte faire halte le lendemain matin dans un petit oasis ou il pourra racheter chamules et équipement, à l'aide de la caution que ne manqueront pas de verser les chevaliers. Le marchand est ravi mais assez mal à l'aise face à cette offre généreuse.
Puis dans un accès de folie, le jeune Yalmoussa propose une danse, qu'accepte le jeune Prince Amadjé. Ceux-ci, sous les regards interloqués des hôtes, grimpent sur les tables basses prestement débarrassées, et entament une gigue samaraisine. Sans musique, sans instruments, sans le prince pour le guider, le secrétaire réussit tout de même à ne pas trop s'embourber, et ce n'est que par la suite que les danseurs ne réalisent que c'est la spontanéité de leur geste qui a compensé le ridicule de la situation.
Puis pour clore cette bonne soirée, le prince et Shéna sortent prendre l'air frais sur le pont, vite rejoints par Yalmoussa. Ils dissertent de tout et de rien, puis la conversation dérive sur les chevaliers de Blanche Fleur et l'opiniâtreté qu'ils mettent à vouloir régenter l'Occident Mystérieux. Ô blasphème, Amadjé va même jusqu'à les traiter de « petits fouineurs ».
Puis c'est l'heure du sommeil et des rêves et chacun regagne ses pénates.
23 Serpent
Au matin du quatrième jour de navigation, à l'heure de la sirène, le navire fait halte dans le fameux petit oasis mentionné hier soir par le capitaine. Là se trouve toute une tribu d'Aljumis, d'après les spécialistes du bord. À part quelques marins et une demi douzaine d'Ashanis, tout le monde descend pour se dégourdir les jambes. Le prince les rejoint plus tard en compagnie de Shéna, après avoir parlé au médecin de quelque petits troubles médicaux le concernant.
La petite troupe, après avoir aperçu « l'animal du Haut-Rêve », une bête gigantesque au long coup et à la robe brune et beige tiré par une kambaole, ne tarde pas à devoir présenter ses respects au chef Alifaï Poudre d'Os du clan des Origash, un grand et gros homme qui parle fort et de temps en temps à soi-même. Lorsqu'il réalise qu'il reçoit des hôtes de marque, il décide de les inviter sous sa tente, pour « manger au même plat ». Une fois à l'ombre, le groupe est séparé : les hôtes de marques à la table du chef, les autres à la table de droite, et les Ashanis à celle de gauche. Les chevaliers se découvrent le visage, et le prince doit en faire autant. Devant son visage à la peau noire le chef éclate de rire, et désigne du doigt au fond de la sale une femme fort bien tournée, habillée et voilée de rouge et portant des bracelets d'or, qui est également kambaole. Il ajoute qu'elle et l'animal du Haut-Rêve sont des cadeaux de sa tribu pour le Grand Seigneur des Enfants de l'Œil Qui Voit, et que la femme deviendra sa seizième épouse. Il s'agirait du Seigneur des Aljumis, qui a quitté avec le « Grand Seigneur » le Mont Brun, qui domine Samaris, pour une plus grande destinée au service d'Urbicande. A moins que ce ne soit le chef Origash qui ait quitté le Mont Brun pour rejoindre Les enfants de l'Œil Qui Voit, toute cette histoire d'exode n'est pas très claire. Un des guerriers nomades ajoute que le Grand Seigneur mange à la table de Mardawan. Nulle personne rêvante n'ignore qu'il s'agit du fameux Soufi (ou Kadi) qui a beaucoup prophétisé dans la dite ville, et aurait par là-même provoqué de grands troubles (des meurtres et l'exil de plusieurs familles). Il est devenu par la suite le Prophète Bleu. Il est par ailleurs à noter que la légende prédisant la fin des Rêves si le sang coulait à Urbicande ne s'est jamais réalisée. |





Les Huits Rêves d'Urbis :
La porte du premier rêve est la porte d'Orishan, qui mène au rêve des Kambaoles.
La porte du second rêve est la porte chandréenne, qui menait à l'Empire de Chandrapore.
La porte du troisième rêve est la porte Océane, qui donne sur la mer.
La porte du quatrième rêve est la porte de Jade, qui donnait sur l'Empire du même nom.
La porte du cinquième rêve est la porte des Chiens, qui donnait sur le royaume de Cynyxe.
La porte du sixième rêve est la porte mauve, qui donne sur les steppes des Herbes Couchées et de petits royaumes.
La porte du septième rêve est celle qui donne sur l'Occident Mystérieux.
La porte du huitième rêve est la porte de Jaswer, qui était fermée.
Elle fut ouverte et empruntée il y a deux siècles par Jaswer, le dernier archiarchitecte. Départ suivi par la Prophétie Rompue ainsi que la fermeture brutale de toutes les portes. Jaswer était parti depuis huit jours lorsque soudain toutes les statues d'Urbis se mirent à hurler. Puis sa voix résonna dans la Cité de toutes les Cités. Il cria : « Murez la huitième porte ! Je reviendrai, mais, de grâce… Murez… » Et ce fut tout. Depuis, il y a bien eu trois faux Jaswer, et la huitième porte est aujourd'hui toujours fermée. Et quand on rouvrit les portes au fur et à mesure, ce qui se trouvait au-delà avait changé : La porte de Chandrapore est devenue la porte de Barbarie car elle mène à un désert sauvage, la porte de Jade s'ouvre à présent sur une jungle mystérieuse, et la porte des Chiens donne aujourd'hui sur un désert rouge.
Pour en savoir plus, voir l'annexe sur les Huit rêves d'Urbis. |
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