Les personnages
La Noire Mémoire de la Fleur
L'Occident Mystérieux
Les règles : le GLOMS
   
Chapitre premier
Frère Jucamiel de Blanche Fleur
Les chats gris du Pavillon...
À bord du Lune Larme
Le grand épanchement
La théorie du tatou
La Nuit de la Mélancole
 
Chapitre second
La Traversée du Désert
Les Doigts Brûlés
Le retour de maître Fanous
Lectures nocturnes et colère...
Sanglantes séparations
   
Chapitre troisième
Miracle !
Départ
Les mirages de l'Archipel...
Oh hisse !
Adieu Shibustil
Vers le pays des Garde-Vrai
Le refuge de la Côte des Pluies
   
Chapitre quatrième
Salutations, Frère Altusar
   
Annexes
Index des noms
Les Huit Rêves d'Urbis
Urbis et l'Empire Kambaole
Les Éternels
La Mélancole du marin
La Pentapole
La lettre d'AL Shazar
Le rêve d'Onash
Koja Acem
La Chanson d'Ashem
   


Accréditations :
Laurent, Mathieu

Chapitre premier
Introduction

Frère Jucamiel de Blanche Fleur

5 Serpent

Alors que venait lentement la saison ou les vents se font plus doux, Shaadeq Al Shazar, dernier fil de l'illustre Al Shazar, était fort occupé dans la rédaction de ses lettres, lorsqu'il vint. Frère Jucamiel, chevalier de l'Ordre de Blanche Fleur, se présenta avec son grand serviteur aux portes du Palais. Après l'avoir fait entrer et s'être aperçu que c'était un gras petit bonhomme qui goûtait fort les pâtisseries du Palais d'Émeraude, il le gratifia des multiples politesses d'usage et en vint à la raison de sa demande.

L'apprenti mage lui tint la rocambolesque histoire d'un sien cousin de Samaris qui avait fait voeu de non violence après un passé extrêmement querelleur et bagarreur. Il lui dit avoir remarqué un comportement étrange de sa part, portant sur des coups de folie répétés et incontrôlables, prouvant en cela qu'il était Haut-rêvant. Puis il conclut par le fait qu'il lui fallait absolument l'aider, et qu'il avait lu dans un écrit de la bibliothèque paternelle qu'il existait des gens cumulant le voeu de non violence et la pratique du Haut-rêve, et qu'il voulait savoir ce qu'en connaissait son hôte. Le chevalier se fit vague, éluda, posa quelques questions, mais ne répondit pas. Shaadeq finit par se demander si il n'avait pas éventé la supercherie, et décida de lui dire la vérité à savoir que le cousin n'existait pas, et que le sujet n'était personne d'autre que lui-même. Le chevalier eut une légère moue ironique entre deux gâteaux, démontrant sa supériorité d'esprit. Mais son comportement ne changea pas pour autant, il restait toujours aussi évasif sans trop se mouiller.

Alors, pour briser la glace et tenter de faire parler son hôte, Shaadeq alla chercher le boîtier de cristal contenant le lys du vieux fou, et le présenta au chevalier. Celui-ci huma le parfum de la fleur et eut une fugace expression de surprise. Puis le jeune homme souleva son voile pour montrer son vrai visage à son interlocuteur. Cela eut pour effet de tromper le chevalier, qui se mit aussitôt à appeler son hôte "Prince Amadjé", et crut qu'il était membre de l'ordre. Du coup il lui demanda "s'il y avait des choses à lui apprendre que les Al Shazar ne devaient pas savoir". Ce dernier démystifia tout de suite la conversation en lui racontant la manière dont il était entré en possession du Lys. Tout ceci eut au moins le mérite de briser la glace et de délier quelque peu le chevalier.

Soulagé d'avoir dit la vérité, le petit homme raconta les parchemins, la fréquence de leur arrivée, le voeux, la non destruction de ceux-ci malgré les commandements de le faire expressément. Le chevalier le félicita de ne pas l'avoir fait, et dit que c'était une preuve de courage, en le mettant toutefois en garde sur l'utilisation du haut-rêve et sur la gravité de son usage. Ce qui les amena d'ailleurs sur une pente onirosophique assez glissante. Le Blanche Fleur lui tendit néanmoins une main toute symbolique en lui proposant de l'aider s'il mettait toute sa confiance dans le chevalier et dans l'Ordre. Il lui demanda à voir les parchemins, en lui promettant de ne chercher en aucune manière à l'en séparer. Shaadeq hésita, et lui dit qu'il lui fallait y réfléchir quelques temps.
En outre, parmi le peu de choses que lui confia le chevalier, il apprit que le fol vieillard au lys n'était sans doute pas un membre de l'ordre, car la signature magique de la fleur ne lui correspondait pas. Il s'agissait sans doute d'un vol, et en cela un acte sacrilège qui ne devait pas rester impuni. Il demanda alors à rencontrer la vieille esclave qui avait parlé du vieil homme à Shaadeq. Celui-ci la fit mander par l'intermédiaire du fidèle Jinga.

Juste après qu'il eut prêté serment de ne pas répéter ce que le jeune homme lui avait confié, le frère finit par prendre congé, et regagna les Appartements de Porphyre ou il était logé. Le jeune maître en profita pour aller trouver Oho dans les jardins pour lui demander de déterrer le coffre contenant les parchemins.
Peu après, on lui annonça l'arrivée d'Amafé la vieille esclave. Il la fit entrer. Elle sentait fort mauvais, et portait sur le nez le haut de son vêtement. Il crut au début que c'était pur éviter de respirer la propre et peu ragoûtante odeur, mais il comprit qu'elle comptait ainsi se protéger de la maladie contagieuse dont était prétendument affligé le jeune maître. Il lui posa quelques questions, auxquelles elle répondit avec une relative complaisance : le vieux était un sage guérisseur, un soufi, qui avait dû être fort docte. Et qu'on l'appelait Bon Homme, parce que c'était un homme bon. Mais qu'il était un peu toqué, puisqu'il parlait de temps en temps aux chamules. Il vivait depuis un certain temps à Vilkin, le village non loin du Palais d'Émeraude, car c'était un lieu extraordinaire et que c'était là qu'il fallait qu'il soit.
Puis il appela le chevalier, qui se présenta à nouveau devant lui, et refusa d'interroger l'esclave en sa compagnie, prétextant qu'il ne voulait pas importuner le jeune homme avec des problème qui ne le concernaient pas.. Il repartit donc à ses appartements avec elle.

Mécontent d'avoir été laissé sur la touche, Shaadeq décida d'utiliser son chat fétiche pour tenter d'en savoir plus. Il s'allongea sur la lit et partit pour les Terres Médianes du Rêve. Il accomplit un long périple plein d'embûches vers le nord, pour se retrouver finalement sur les territoires oniriques recherchés. Il appela alors le chat couleur de lune, qu'il envoya espionner le chevalier jusqu'à ce qu'il s'endorme. Celui-ci revint une heure plus tard, en racontant que le gros bonhomme avait posé des questions sèches à la femme qui sentait mauvais, et que son serviteur prenait des notes de temps en temps. Elle répondait évasivement, et alors la voix du chevalier se fit plus ronronnante et il lui dit qu'il était mal de mentir à l'Ordre de Blanche Fleur, et elle pleura un peu mais finit par lâcher que en réalité c'était le vieux qui voulait voir Shaadeq et non l'inverse, et qu'elle n'a jamais vu son visage, et qu'elle travaille là depuis dix ans parce que c'est la nièce de la nourrice du jeune maître ou quelque chose comme ça, et que le vieux a dit que le jeune maître était le plus noble prince du monde dans le plus beau palais du monde, et qu'il avait quelque chose à lui dire et aussi quelque chose à lui donner, et puis la femme qui sentait mauvais partit et il demanda à son serviteur si tout était bien consigné et l'autre répondit oui maître et alors il dit que la situation était grave, qu'ils allaient rester jusqu'à demain, et que le malheureux prince était en grave péril, puis il fit une sieste.

Le chat disparut, et, plutôt courroucé de ne pas avoir pu apprendre tout ça de vive voix, il décida lui aussi de faire des cachotteries, et repartit dans les jardins afin de dire à son ami le colosse de ne rien faire pour déterrer le coffre. Puis il fit porter une lettre fort polie au chevalier lui disant qu'il ne souhaitait pas lui montrer les parchemins, pour des raisons qu'il avait du mal lui même à expliquer, une sorte de volonté sourde lui interdisant de les montrer. En effet il luttait entre la raison de Blanche Fleur et la Mère Nourricière en matière de Haut-Rêve des parchemns.
Puis il dîna et s'endormit.

6 Serpent

Le lendemain matin le chevalier se fit annoncer pour présenter ses hommages et dire au revoir au jeune maître. Il déplora le fait qu'il ne puisse pas jeter un oeil sur les fameux parchemins, et que Shaadeq refuse inconsidérément la main qu'il lui tendait. Le jeune homme trouva néanmoins le temps de lui poser une question qui lui brûlait les lèvres : Qui était le Prince Amadjé ? Le frère bedonant répondit que c'était ce qui se disait au port, et un peu partout dans le palais, que le Prince Amadjé, fils du Sultan Maol de Kambaol était l'invité d'Al Shazar, et que c'était lui, visiblement.
Puis il partit avec les pâtisseries qui avaient été préparées pour son voyage.

Il fit aussitôt convoquer Jinga, et lui demanda ce qu'il en était de ce mystérieux prince. Il lui répondit que c'était une décision de son père, et qu'il était désolé qu'il l'apprenne comme ça. Il avait en effet été décidé de faire croire qu'un prince kambaol logeait au Palais, pour donner le change au cas ou quelqu'un d'indiscret aperçoive le visage noir de son maître.
Inutile de dire que le jeune mage était furieux. Il avait du mal à contenir sa colère, contre son père, contre lui-même, contre tout le monde. Il finit par poser des questions à l'intendant à propose de sa mère. Il apprit qu'elle s'appelait Amaléa, et qu'elle vécut recluse dans le Palais ou elle avait ses propres appartements, jusqu'à sa naissance ou elle mourut en couche.
En guise de dernier service, il demanda à Jinga de lui trouver une personne, serviteur, esclave ou ami de sa défunte mère, pour pouvoir l'interroger. L'intendant protesta que cela allait contre les décisions de son père, mais il lui fut commandé de le faire quand même.

Alors que son serviteur franchissait le pas de la porte de sa chambre, il commença à échafauder un plan qui lui permette d'éclaircir le mystère de sa naissance, que son père s'entêtait à lui cacher.






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