Chronologie de la campagne
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Résumés et chronologies
 
Chapitre 1
La déportation
 
Chapitre 2
Au village de Rausgrath
La guérison de Mastakos
Le meurtre de Martios le Vairon
Les épreuves du Khan
Wagons, triceratops et Broos
 
 
 
 
 
 
 
 
Journal d'un exilé
Chapitre 1 - La déportation

Mon nom est Nèbre, et je suis Sartar. En ces temps troublés, je laisserai à la postérité ce journal qui retracera les pas d’un exilé à la recherche d’une vengeance impossible et de sa propre vie.
Je le dis aujourd’hui sans honte, je suis descendant d’Arak le maudit, le héros vénéré par les uns et haï par le reste. Nous verrons bien les soucis que cette filiation me causera par la suite.


Jour 1 de la Déportation

Tout a commencé il y a deux ans, lorsque les soldats Lunars de la sixième légion ont fait éruption dans la maison de mon père, nous ont saisi et placé sur la route. « Vers un endroit ou vous serez vraiment chez vous », disait le sergent tout en observant chaque meuble du salon comme un enfant à qui on a interdit de faire une bêtise.
Puis on a marché. Tous les jours, toutes les nuits. Sans repos, sans relâche. Sans halte, sans un regard par dessus l’épaule. Mon père me portait, ma mère portait ma soeur. Parfois j’aidais ma soeur tandis que mon père soutenait ma mère. Nous avons perdu plus de la moitié des nôtres. Ni ma mère ni ma soeur n’ont survécu. J’étais trop faible pour me rendre compte de ce qui se passait vraiment. Du drame que nous étions en train de vivre tous les jours. Tout en marchant, mon père pleura longuement, coupable seulement de n’avoir pas été assez fort. Mais qui aurait été assez fort ?

Et moi, comment ai-je tenu ? Ma seule occupation fut de regarder chaque visage, chaque casque, chaque rayure sur chaque cuirasse. Pour graver dans ma mémoire la carte de la sixième légion. L’arbre généalogique aux racines de sang.


Jour 8 de la Déportation

Sept jours plus tard plus tard, pour clore cette longue marche forcée, nous arrivâmes sur un plateau rocheux anonyme et désert, non loin de la Rivière des Berceaux. Nous descendîmes dans un canyon étroit au fond duquel coulait une onde paisible. Il y a là des Lunars, que nous prenons de prime abord pour nos geôliers, mais qui sont en fait aussi désemparés que nous. Aussi pauvres et miséreux. Ce sont aussi des exilés. Qu’ont-ils fait de mal, eux ?
On nous dit qu’il faut construire un village. Qu’il faut que nous formions un clan. Un clan mixte, dans lequel il faut se serrer les coudes. On nous dit que nous devons obéissance à un seigneur. Un noble Lunar, exilé comme tout le monde, dont la forteresse en construction se situe à quelques jours de marche du village, lui aussi en chantier.
Mais la réalité est tout autre. Le camp des réfugiés abrite deux fois plus de Lunars que de Sartars. Le chef du village est Lunar, et tout porte à croire que ses conseillers Sartars n’ont pas vraiment de poids dans les décisions.
Nous sommes tous prisonniers dans la poubelle du monde. L’oppresseur Lunar, d’après ce que tout le monde raconte, a fait d’une pierre deux coups : déporter des gêneurs pour les obliger à coloniser contre leur gré une région plutôt inhospitalière.

Puis le remords et la culpabilité eurent raison de mon père, qui se pendit au grand caroubier à quelques pas du village. La sixième légion, l’empire Lunar, la guerre, la Lune Rouge, tout ceci me valu de perdre l’intégralité de ma famille. Des gens payeront pour ça. Beaucoup de gens.

Mon père me laissa trois choses : son arc, une feuille de parchemin et une amphore enterrée.
L’arc est grand, arbore une double courbure parfaite. Il est puissant, élégant et précis. J’ai depuis appris à m’en servir correctement. Une arme qui sauvera de nombreuses vies, la mienne comme celle de mes camarades, comme je le dirai par la suite.
Le parchemin est une simple feuille volante et sale, écrite dans une langue que je ne connais pas.
L’amphore a été enterrée par mon père et moi le jour de notre arrivée. Il n’a pas eu le temps de me dire quoi que ce soit dessus. Il faudra tôt ou tard que je la déterre, que je l’ouvre pour voir ce qu’elle contient.


Jour 740 de la Déportation


Ca fait maintenant deux ans que nous sommes installés. Je sais à présent construire une maison, et faire pousser des graines. Je baragouine même quelques mots de Lunar.
Les choses se passent relativement bien, parce que les deux camps cohabitent sans vraiment coopérer. Les Lunars dirigent en faisant croire à tout le monde que les décisions sont collégiales, les Sartars obéissent en rechignant et s’indignent en silence.
Les seuls soucis majeurs sont les monteurs de sangliers vivant à l’ouest. Ce sont des tribus barbares et féroces qui dressent des phacochères pour les transformer en montures de guerre. On trouve également des hors-la-loi, bandes éparses hétéroclites qui n’attaquent qu’en surnombre, ainsi que des Morokanth, dont la légende dit qu’ils sont les seuls à avoir gagné le droit de manger l’homme. Et il y a enfin des créatures du chaos, des broos pour l’essentiel, qui peuplent sans vraiment en sortir les tourbières de la Rivières des Berceaux.

Seul désormais, je me suis rapproché d’un jeune exilé qui a eu la chance, lui, de garder sa famille bien vivante. C’est une sorte d’aurige sans char, d’après ce qu’il dit, qui manie la lance et le bouclier.
Nous avons été enrôlés dans la milice locale, formant une des trois sections de jeunes guerriers.



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