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La rose et l'épée



La rose et l'épée

L'Archipel de Calempui a été baptisé Archipel des Boues Nouvelles depuis que les fortifications samarésines se sont élevées sur ce qui était autrefois des eaux profondes. Il y a soixante ans, devant la menace cyane, le roi de Samaris ordonna la construction de ports fortifiés pour y résister. Les tentatives faites sur des îles d'Outremer tournèrent à la catastrophe : défier un Cyan sur un territoire qu'il considère comme sien est fatal. Les ministres trouvèrent la solution en créant des îles ex nihilo, incroyable acte de magie à peine déguisé : ainsi, ni les terres, ni les eaux cyanes n'étaient dérangées. Ceux-ci ne tardèrent pas cependant à s'y opposer, arguant que ce sont leurs eaux qui, transmutées, avaient constitué ces îles nouvelles, partant leur propriété. L'audace du roi posait un grave problème, car, même en célébrant la clémence des Dragons, ces actes magiques avaient de quoi choquer les populations, habituées à pourchasser le haut-rêve depuis la fin, il est vrai assez tragique, du Second Age : il existait même un Ordre de guerriers luttant contre les sorciers, l'Ordre des Chevaliers de Lin - ainsi nommés parce qu'ils confiaient leurs captures, enfermées dans des sacs de lin, aux Dragons qui vivent sous la mer ; les hommes étant indignes de juger ces sacrilèges. Pour garder à l'abri ses faiseurs de miracles, dont plusieurs étaient précisément des Chevaliers de Lin, le roi les rendit officiels en expliquant la nécessité pour l'Ordre d'utiliser le haut-rêve dans le but de contrer les hauts-rêvants aux noires, ou pire, aux bleues songeries. Bon an mal an, cette réforme passa dans les esprits, les Cyans étant pires que tout pour les Samarésins. La réforme s'accompagna de décrets stricts concernant le recours aux services de haut-rêvants (surtout les Tajis) par des particuliers, mais il est douteux que ces imprécations juridiques aient changé les mœurs en la matière.

Vingt ans plus tard, porté par le mysticisme du thaumaturge Nazaren, un saint ermite de l'Archipel de Ménuzith, l'Ordre se transforme en une véritable organisation d'études dédiées à des mystères draconologiques révélés par Nazaren et des précurseurs lévitants à force de sainteté. Ce fut l'Ordre de la Blanche Exquise, ou des Chevaliers de Blanchefleur. Le Maître Nazaren médita avec sept disciples au sommet des massifs désolés de Ménuzith sur la subtilité onirique des parfums comme voie privilégiée du rêve et du haut-rêve. Huit ans plus tard, l'Ordre devint militaire avec l'aide de Coja Acem le corsaire, exilé par Veshum, qui mit assez de conviction dans son plaidoyer pour la guerre (il était proscrit dans quinze royaumes et condamné à être scié entre deux planches) pour parvenir à convaincre le sage de prendre les armes. L'Archipel de Calemplui fut libéré des Cyans, et l'Ordre crût en tant que défenseur des côtes de Samaris jusqu'à Tajranet. La construction du Grand Krak des Bouquets, sur l'île du Sang-Mehmet en Calemplui, témoigne de sa puissance.

Aujourd'hui, Nazaren s'est retiré dans un lieu inconnu - il est peut-être mort, en tout cas, il baigne dans le Feu draconique et la foi populaire. L'Ordre est dirigé par ses sept disciples, qui portent le titre étrange d'Enfants. La foi et la science des Chevaliers de Blanchefleur sont soumises au secret. Ils portent une robe blanche sans couture, ont des mœurs strictes et une attitude stoïque en toutes circonstances. Le port du bouclier, arme du craintif, leur est interdit. Cependant, ils sont autant des guerriers que des savants et, pour quelques-uns, des haut-rêvants. Tous ont en commun un odorat particulièrement subtil, qui peut donner l'impression au vulgaire qu'ils possèdent une vraie prescience. Choisis parmi les enfants de hautes familles qui leur sont confiés avant onze ans (les oblats), les Chevaliers sont élevés durant une dizaine d'années dans l'ombre des Kraks de Calemplui. L'importance politique de l'Ordre n'empêche pas des visées très mystiques. À leur sujet, on ne sait que très peu. Chaque Chevalier porte toujours sur lui une fleur, quelle qu'elle soit, mais blanche (en général avec discrétion, dans un tube en ivoire). Cette fleur semble constituer un blason personnel, associé à un parfum unique qui sert de sceau. Bien évidemment, fleur et parfum ne sont connus que des autres frères de l'Ordre et permettent la reconnaissance au sein de la hiérarchie : pour le vulgaire, rien ne distingue un Commandeur d'un simple acolyte. Il est possible que ces fleurs-blasons entrent dans la composition d'un vaste bouquet qui vise à une perfection qui devrait annoncer un Réveil En les Dragons ou quelque chose de ce goût. Car les Chevaliers clament, et avec eux bien des gens, que les Cyans sont le cauchemar bleu des Dragons, et qu'ils mettront en grand péril tout le Rêve si nulle épée, nulle foi ne les arrête. En dehors des Chevaliers eux-mêmes, l'Ordre compte de nombreux fidèles, artisans, serviteurs, couples pieux cédant tous leurs biens à l'Ordre et autres associés, nommés Pétales. Les Chevaliers prônent en effet une croisade totale contre les Cyans, entreprise gigantesque surnommée la Grande (Croisade) Bleue, à laquelle chacun doit contribuer de toutes ses forces, selon son état et ses moyens. Céder des terres à l’Ordre ou faire des dons magnifiques est aussi bien vu que mettre son cimeterre à disposition des forces qui défendent les côtes ou participent aux grandes expéditions... Mieux, chacun, les rois les premiers, doit, par son attitude, agrémenter le Rêve des Dragons et repousser donc le cauchemar, en menant une vie sainte et honorable.

Malgré leurs appels répétés aux rois de l’Occident, les Chevaliers doivent encore largement faire recours aux mercenaires, car les rois tiennent rarement leurs promesses. Comme les mercenaires sont presque tous issus des tribus, l’Ordre en profite pour insuffler de belles et bonnes idées aux sauvages guerriers, et l’effet n’est pas aussi nul qu’on pourrait le croire... Enfin, les Chevaliers ont, au cours des ans, obtenu de la plupart des royaumes de l'Occident mystérieux un décret qui leur donne en fief mystique toutes les fleurs blanches ; aussi nul n'a le droit, fut-il roi, d'en cueillir ne serait-ce qu'une. Cet interdit est largement respecté car les Chevaliers, considérés comme des sortes de combattants d'Oniros, jouissent d'une aura draconique. L'Ordre bénéficie également de fructueuses possessions dans tout l'Occident mystérieux, venues de dons princiers et charitables : tisseries, parfumeries, vastes plantations et riches vergers. Les Chevaliers ayant des droits sur toute terre fleurie de blanc, il ne leur est pas difficile d'accroître leurs biens (mais il faut tout de même que le propriétaire accepte…).
On parle aussi de Bhelshefed, la ville des Chevaliers, qui n'est sur aucune carte connue mais qui doit être quelque part dans l'Archipel de Calemplui. Les Chevaliers sont puissants et respectés par tous les royaumes, à l'exception de l'Empire d'Urbis, qui a confisqué leurs biens et proscrit l'Ordre sur l'ensemble de ses terres, en déclarant que les Chevaliers volaient les richesses d'Urbis. Sans doute la foi de la Blanche Exquise était-elle incompatible avec la vénération que les Urbins portent à leur cité sainte, mais les Chevaliers ne peuvent se priver, dans leur lutte, des forces d'Urbis - qui, il est vrai, se trouve relativement à l'abri des Cyans grâce à Veshum. Les Chevaliers ont fait de l’affront urbin une affaire qui n’est pas près de s’éteindre…




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