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L'Outremer
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L'Outremer

La Mer des Offrandes baigne d'innombrables îles, îlots et écueils et recèle bien des richesses dont le commerce est friand. L'endroit, agité de vents charmants, est paradisiaque tant qu'aucun Dragon ne crache de colère sirocco ou cyclone. Au nord, il est possible de rejoindre la Mer d'Outre, et la Mer de la Tranquillité bien plus au sud. Lieu de transit favorisé par les Dragons, l'Outremer est un enjeu vital pour les royaumes et émirats de l'Occident. On raconte même qu'avec une simple barque, on peut de côte en côte atteindre de vastes empires insoupçonnés ; mais comme ce pourrait bien être ceux d'où sont venus les Cyans, nul être raisonnable ne veut aller y voir !

Les clans d'Hommes bleus ont peu à peu entièrement envahi l'Archipel d'Outremer, qu'ils considèrent maintenant comme leur ; ils ont au passage détruit l'Empire thalassocrate de Naye. Pagayeurs habiles, archers inégalés et empoisonneurs fatals, ces Cyans sont d'autant plus inquiétants qu'ils refusent tout compromis : l'étranger aperçu sur une de leurs îles est immédiatement mis à mort. Ils ne reçoivent pas d'ambassades sur leurs terres. Ainsi ignore-t-on à peu près tout d'eux. Avec leurs incursions, leurs embuscades et leurs attaques nocturnes, les Cyans présentent une telle menace que le commerce est devenu uniquement côtier - et n'a survécu que par la force des armes, protégé par les corsaires de Veshum au sud et les Chevaliers de Blanchefleur au nord. Le commerce de la Mer Sèche a en fait bénéficié de cette pression cyane, ce qui provoque une succession sans fins de conflits larvés et de rumeurs.
Apparemment, chaque clan cyan est organisé dans une principauté insulaire, tandis qu'un Duc des Mers a la stricte possession des eaux. Un Conseil de Tétrarchontes paraît diriger l'Empire. Enfin, il existe une hiérarchie selon le nombre de mémoires bleues perçues : ainsi un hexaphore porte-t-il six gemmes au visage. Les rapports des Cyans d'Outremer avec les Cyans cavaliers de Mendiggiane et de Pagadiane qui hantent les marches nordiques de Phanacée paraissent ténus. En tous cas, les Cyans de Naye, pas plus que les Cyans mendiggis, ne construisent de véritables cités. Ils n'écrivent pas, mais dessinent leurs souvenirs épars sur leurs peaux bleus. Ils semblent ne vivre que pour la conquête. Pour tous les « hommes blêmes », les Cyans d'Outremer sont des barbares avec une drôle de couleur, et si horribles et sanglantes sont les histoires qu'on rapporte de leurs méfaits passés et présents que porter du bleu (surtout du bleu cyan !) est du plus mauvais goût en nombre d'endroits. Seuls les habitants des îles du Tajranet semblent considérer les Cyans avec, à l'occasion, de louches complaisances. Il faut dire qu'ils se trouvent aux premières loges… La victoire en mer des armées alliées de tout l'Occident mystérieux, quelques années plus tôt, a permis la destruction de la cité cyane de Nuhi, à l’extrême est de l’Outremer, et mis pour le moment hors d'atteinte de leurs raids le Ponu-Ponu et l'Archiarchipel. Mais qui sait ce qu'augurent les funestes songes des porteurs de gemmes, ces mages humains qui sacrifient leur rêve par des rituels cyanoïdes pour tâcher de saisir les méditations des sorciers bleus ?…

L'Archipel de Naye est constitué de piètres et longues îles argileuses, infertiles, le long de la côte inabordable des Durions : les débris de l'Empire thalassocrate de Naye, ignorés des Cyans. La population actuelle est d'environ cinq cents hommes et femmes, entre vingt et trente mille iguanes et plusieurs millions d'oiseaux. Sans compter les pirates de passage. L'endroit a pour particularité d'être le cœur de l'archaïque Empire de Naye, celui du temps du légendaire Pulò "Barbe d'Écume". Ravagé par les tempêtes, les Cyans et le royaume de Veshum, l'Archipel est désolé au point qu'on connaît jusqu'à six sites possibles pour l'ancienne capitale, Oliphantine, dont même les fondations furent arrachées et jetées à la mer. Maneïo, le Dernier Empereur, vécut cent-vingt ans avec une garde dépenaillée, proclamant déclaration de guerre sur déclaration de guerre et fuyant les invasions dans le labyrinthe des îlots.
Depuis la mort de Maneïo, tous les royaumes de l'Occident réclament l'héritage prestigieux de l'Empire de Naye : avec, à l'appui, les archives des exilés de Naye supposés être parmi leurs ancêtres, et des cartes datant d'avant les inondations... Autour des îles sacrées de Pulò s'organisent d'incroyables intrigues, et on recherche la moindre ruine qui pourrait permettre de repérer les ruines de telle ville disparue et d'étayer des prétentions. La rumeur prétend que Maneïo, le Vieux du Rocher des légendes, hante toujours le cœur de son Empire, attendant le bon moment pour entamer la Reconquête et prodiguant aux hommes valeureux des conseils qui sont aussi des oracles... Les donneurs d'auspices de Sélik en Gandusran révèrent le Vieux du Rocher comme un maître draconisé qui les aurait envoyé à travers le monde pour annoncer la venue d’un Prophète Sombre et de temps ingrats où les terres deviendront des îles, où les esclaves seront rois...

L'Archipel de Tajranet est une mosaïque de principautés alliées sans grande conviction, malgré les razzias cyanes sur ses franges occidentales et septentrionales. Les nobles tajis sont dits thalassocrates (sujutals dans leur langue voyellante et chanteuse), car ils comptent l'étendue de leurs terres en mesurant leurs côtes en ligues d'eau, mesure sacrée qui laisse penser que le prince règne bien sur la mer. Il existe bien deux cents thalassocrates souverains, sans parler des araïques, seigneurs de moindre importance qui règnent sur une île de passage ou un seul port mais aspirent à l'indépendance. On peut dégager de cette masse onze thalassocraties majeures. Parlons de quelques-unes. Les principautés jumelles de Cantuviar et de Pootajar forment une alliance qui fait bouclier face aux Cyans. Sujran, la capitale du Pootajar, compte trente-deux palais se trouvent assemblés sur cette île au climat doux, qui abrite en outre une vaste nécropole. Trifuli, sur l'île de Cantuviar, est une ancienne cité corbuzéenne aux apparences de forêt minérale liée pour former une cité. Les Tajis s'y sont installés, ajoutant leurs propres bâtiments. C'est là que le prince Ajurel le Venicoleux, nécromant réputé autant que maître des apparences, devenu légende, trouve l'inspiration ; on dit même que sans quitter Trifuli, il connaît l'Archipel d'Outremer comme son propre tombeau... On trouve aussi la thalassocratie de Tamérialis, plus au sud, sur laquelle règnent les quatre fils du Grand Ipulat, possédés par une perpétuelle guerre civile qui ne dit pas son nom et forcés de régner ensemble par un serment fait à feu leur père.

Citons encore la thalassocratie d'Hasbat, de la Mahagesh-Habat, souveraine voilée qui domine une bonne partie des voies de retour du commerce maritime et maintient sur toutes les îles qu'elle domine un strict matriarcat, ou encore la belliqueuse thalassocratie de Jakatar, célèbre pour ses phalanges de sarbacaniers, plus qu'à demi-barbare et terrorisée par les « chiennes parfumées » de la Mahagesh-Habat dont les guerriers sont néanmoins très professionnels... Au nord des principautés jumelles, les thalassocratie constituent une poussière que foulent aisément les armées cyanes. Les Tajrans qui vivent là-bas n'ont souvent d'autre choix que la soumission aux Cyans, qu'ils servent comme auxiliaires dans leurs guerres. Le très honni thalassocrate de Gusanoï, qui a une certaine puissance et est cousin des plus grands thalassocrates, s'est même allié officiellement aux Cyans, qui n'avaient pourtant rien demandé, plutôt que de périr avec tout son peuple. Les Tajrans de Gusanoï combattent avec les Cyans, et la Cour du thalassocrate adore le bleu, allant jusqu'à adopter les symboles cyans (les gemmes, l'arc, les cheveux noir-bleu…). On dit même qu'ils respirent des lotus venus d'Outremer, pour chercher dans l'oubli l'accès à la mémoire bleue suprême. Les Cyans n'ont que mépris pour ces simagrées, mais savent pouvoir compter avec Gusanoï pour relancer la conquête de l'archipel tout entier !…
Même si l'on parle de Tajrans, la diversité de ces peuples insulaires est grande, et certains d'entre eux sont vraiment primitifs - qui peut oublier les Gaapayaks, si cruels que non content de réduire la tête de leur victime, ils lui réduise les pieds et les cousent à la tête pour la ridiculiser ? Néanmoins, tous vouent un égal respect aux Dragons sous la mer, et surtout aux morts. Telle est l'obsession tajrane. D'où vient-elle ? Les Tajrans ne sont pourtant pas gens morbides, ils ont la mort joyeuse mais restent discret sur leurs raisons, s'ils les savent eux-mêmes. Certains disent, avec ce sourire taji dont ne sait trop s'il est naïveté ou malice, que les morts sont dignes de respect, bien sûr, mais aussi bien plus nombreux que les vivants. De plus, ce sont eux qui nous nourrissent de leur poussière fertile, surtout dans ces îles étroites. Il ne serait donc pas bon de les mettre en colère en les négligeant… Sur quels maléfices anciens et mal endormis les Tajrans veillent-ils ? A moins que, loin d'en être les gardiens, ils cherchent à tirer de ces maléfices assez de puissance pour en remontere aux Cyans et à tous les peuples continentaux qui abusent de leur faiblesse ? Dans tous les cas, les Tajrans sont si préoccupés par le soin des morts qu'ils considèrent l'entretien des tombeaux, les innombrables oracles funèbres quotidiens et tous les petits soucis des morts avec autant sinon plus de sérieux que les affaires des vivants. Beaucoup de marchands étrangers rient de ces coutumes qui font des Tajis, à première vue, des proies faciles. Certains révisent leur jugement par la suite, d'autres ne le feront peut-être que trop tard…

Les tombeaux des princes tajis sont plus beaux que leurs palais, et bien moins surveillés qu'on ne pense. Seul un étranger pourrait convoiter les richesses des morts, et bien peu peuvent se vanter d'avoir détroussé un Taji défunt. Même les Cyans n'ont pas essayé deux fois de mettre le pied sur Pootajar, bien que nul n'aie jamais compris ce qui les avait fait fuir de l'île laissée sans défense après une résistance désespérée… Réputés adorateurs de magiciens, les Tajis sont victimes de la sagesse populaire qui les accable de préjugés. Et il est vrai que le haut-rêve, y compris et avant tout la voie supposée la plus sombre, est à l'honneur dans ces îles lointaines. Les magiciens tajrans sont très appréciés de ceux, grands ou petits, qui ont une mise au point à faire avec un mari jaloux défunt, ou un feu papa trop avare en matière d'héritages, et tiennent à en discuter avec l'ombre du disparu : raison pour laquelle ces honnêtes officiants nécromants sont connus en Occident mystérieux comme les « crieurs de morts ». Ils n'ont qu'exceptionnellement pignon sur rue, de tels services se louent en secret, mais d'autant plus cher. Les crieurs sont aussi spécialistes des maléfices et sont capables de forger sur mesure des malédictions aussi vicieuses que raffinées, le tout avec le sourire…
Les Tajrans (ou Tajis) sont aussi des embaumeurs de premier ordre (leurs méthodes et leurs tombeaux s'exportent très bien) et d'excellents architectes, particulièrement doués pour les sculptures, les fontaines et les canalisations. Commerçants vifs, ils dissimulent derrière des oracles funèbres leurs décisions marchandes. Est-ce bien hypocrisie, ou bien les morts conseillent-ils bel et bien les Tajis ?… Les Tajis sont paradoxalement d'assez mauvais navigateurs, qui ne semblent nullement pressés de naviguer au-delà de leur archipel, comme s'ils ne voulaient pas quitter leurs morts de l'œil. Et les vaisseaux d'Urbis ou de Veshum, qui portent leurs marchandises, s'assurent qu'aucun loyal allié thalassocrate n'a la mauvaise idée de concurrencer le trafic avec l'Occident mystérieux grâce à ses propres vaisseaux...
Si les Tajrans ont, comme tout le reste de l'Occident, une même bête bleue, ils ont aussi leur bête noire, et elle a pour nom Veshum. Politiquement à l'écart de tous et géographiquement de tout, la cité-état de Veshum est bâtie sur une presqu'île rocheuse fragmentée, au plus étroit de la côte et de l'île de Tcho, tournant le dos à une jungle obscure. On y circule en bateau ou le long de passerelles souples. Fortifiée, barrée de deux chaînes, dotée de chantiers navals d'importance, Veshum est une puissance maritime presque sans égale. Longtemps cité corsaire d'Urbis, elle a conservée cette tradition sous forme d'un commerce sans scrupules accompagné de piratage. Le roi-amiral est seul maître à bord. Voir page 103 pour apprendre monts et merveilles sur Veshum !




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