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Histoire

La ville de Merca est une cité minière qui gît et étale sa misère au fond d'un puits aussi noir que le fondement d'un oratien.

Il faut imaginer une île verdoyante bordée de falaises, des coteaux ombragés, un soleil qui dore les grappes de raisin dont les ceps n'ont pas à aller chercher bien loin dans le sol tous les sels propices à leur développement. Il faut voir les paysans, respirant les embruns et l'odeur du blé en herbe, les enfants courant le long des falaises et les filles rassemblant les fagots d'iris pour les fêtes de la Saint Balor. L'île, presque ronde, de belle taille, s'élève en pente douce depuis la côte, pour se dresser soudain comme une dent narquoise, vestige du Crache Roux, le vieux volcan depuis bien longtemps éteint.

Et, ironie du sort, c'est à lui et à ses richesses souterraines que l'on doit les premiers bateaux, les premiers prospecteurs, les premiers mineurs, les premiers colons, les premières pioches, les premiers coups de grisou, les premiers mort, les premiers rats, les premiers sangs, le premier trou, qui s'agrandit, s'enfla, s'abîma à la verticale de Tiatis la Belle.

Tiatis est l'ancien village, bâti par les tout premiers mineurs. C'est aujourd'hui un havre de paix, la dernière balise du soleil, le dernier rayon avant l'horrible descente. Car il faut bien le dire, toutes les sociétés d'exploitation minière, toutes les guildes de prospecteurs n'ont eu de cesse, après l'analyse de leurs prélèvements, de creuser la terre de Merca encore et encore, au fond du cratère, pour aller piller ses trésors toujours plus bas. Ils creusèrent un puis large comme un monde, et profond jusqu'au centre de la terre. Ils en remontèrent tant de richesses et tant de merveilles, qu'ils creusèrent encore et encore, jusqu'à ce que la pierre change de couleur, qu'elle devienne noire comme la nuit, jusqu'à ne plus entendre les hurlements des morts, des asphyxiés, des amputés que la terre sacrifia pour leur survivre.

Puis lorsqu'ils eurent fait un beau trou, ils construisirent un grand monte charge pour extirper de l'enfer hommes et métaux précieux et les ramener à la surface. Puis ils creusèrent encore et les richesses virent à se raréfier. Alors, tandis que es oiseux se moquaient bien d'eux sous le soleil qu'ils ne voyaient déjà plus, pour mieux explorer et rayonner depuis le fond de leur trou, ils bâtirent au fond de celui-ci des hangars, des entrepôts et des tavernes. Ils y ajoutèrent des échoppes, des bordels, des plates-formes à Éoliers, des villas, des châteaux. Ils étaient tellement proches des trésors de la terre qu'il en vint de toute part pour habiter une ville qui, à cause de sa profondeur, ne voyait déjà plus le soleil que quelques minutes par jour. Ils y eut bientôt des oratiens sous chaque pierre, et nul n'est capable aujourd'hui de dire si ils étaient là avant, ou si c'est l'homme qui les a amènes pour qu'ils viennent user leur infatigable santé sur les murs de pierre noire de Merca.

L'île donna son nom à la ville de toutes les luxure qui respirait difficilement au fond de son abyssale prison. La nuit qui y régnait engendra comme une bonne mère le vice, la corruption et le meurtre. On s'y tuait à coup de pelle comme on harcelait la terre, avec détermination et fatalisme. On y plaça un gouverneur, on l'érigea en Cité Franche, on la surnomma la Cité Libre. Elle devint Merca la Sombre, certains l’appellent la Cité Noire.

Mais qui est assez fou pour, après avoir pleuré de joie devant les falaises sublimes de la Baie des Rincailles, après avoir tremblé de bonheur devant le Port des Lamentés, après avoir tressailli sous la caresse du Vent du Sud dans ses cheveux, après avoir frémit au passage du Merca Bonus Vinii dans son gosier, après s'être signé devant le Palais de la Descente à Tiatis et versé une larme devant la majesté du Crache-Roux, qui est assez fou je le demande, pour prendre place dans une nacelle d'osier et entamer une descente verticale de plus d'une journée, pour aller s'enterrer dans ce cul de basse fosse qui ne fait que vomir à un rythme infernal autant de charbon que de spadassin ?

Car aujourd’hui Merca est un bouillon de culture surréaliste. C’est une cité à le fois d’une richesse extrême, et d’une pauvreté infamante. Les écarts entre les différentes castes sociales est tel que la corruption y règne en maîtresse femme, jusque, dit-on, au sein même du conseil des Justes.

Topographiquement, La cité a vu le jour peu après la découverte d’une nappe phréatique de grande superficie. La ville est donc baignée de canaux, rivières, bassins et autres chutes d’eau. Des ponts en touts genre en permettent le franchissement, et de nombreuses embarcations les sillonnent en tout sens. Certains quartiers parmi les moins bien fréquentés sont bâtis entièrement sur l’eau, véritable lacis de pontons et de jonques reliées entre elles de manière très artisanales. Fumeries, tripots et maisons de passe y pullulent, tandis que les prévôts ont un mal de chien à y endiguer le crime rampant. Le Quartier des Lacunes est un assemblage d'échafaudages et de maisonnettes de bois empilées les unes sur les autres venant combler un ancien puis de mine de plusieurs dizaines de mètres de profondeur par endroits. Pour le promeneur, il n'y a pas de réelle différence de niveau entre le Quartier des Lacunes et les autres, on y circule sur des passerelles de bois posées tantôt sur le toit des maisons et tantôt sur des piles de bois. Il n'est pas rare de voir certains groupes d'habitations et d'édifices en bois s'écrouler sous le poids des passants.

Le fond des Lacunes ne voit jamais le jour. On dit que c'est le quartier le plus pauvre, le plus triste, le plus mal famé de tout Merca. Si le monde avait un cloaque, ce serait Merca. Si Merca en avait un, ce serait Le fond des Lacunes.



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