|
Accréditations :
Pec, Mathieu |
Chapitre premier
Trou noir au Fond du Gouffre
Du rat au corbeau |
Réveil à la maison. Pour une fois pas trop de bobos. On a ramené le nabot hier soir, c’est plus prudent. Et puis le jeune maître lui doit quand même une fière chandelle. D’ailleurs, c’est lui qui vient me trouver, l’air affolé, encore. C’est Kratius qui nous rend visite pour nous délivrer l’invitation de son maître Varduin. Il semble satisfait de notre travail.
C’est au moment ou il va prendre congé qu’on entend du bordel dans le jardin. Le prévôt de la Sonde arrive avec quatre gars à lui qui portent sur un brancard de fortune le cadavre d’un Profond. Apparemment, il est sorti de l’eau et a attaqué un père et son fils. Le premier a survécu mais pas le plus jeune. Ils ont le même mal que les piafs. Ça commence à pas sentir bon du tout cette affaire. On fout le corps dans les ruines en attendant, pour que le Nabot puisse l’examiner avec son bâton magique.
Pendant ce temps, je vais faire quelques courses au marché. Des outils pour camoufler le fruit de nos larcins et aussi pour le bâton. J’en profite pour aller voir le tonnelier, celui qui s’est fait agresser. J’en apprends pas beaucoup plus, mais ce qui est sûr, c’est que le Profond en voulait à leurs vies et pas à leurs biens.
Et puis c’est l’heure de notre rencard avec le Rat. On va à la massue, tous les quatre avec le jeune maître, Garud, le Nabot et moi. En chemin, un attroupement. C’est la Princesse Pâle qui passe par là. Je sais pas bien qui c’est, mais tout le monde semble la vénérer comme une déesse. C’est vrai qu’elle est belle, mais y’a autre chose. Il parait que ses parents ont péris par le feu et que c’est la seule rescapée. Elle fait pénitence de ça en aidant un peu tout le monde. Y’en a qui se bousculaient juste pour être touché par sa main… à suivre.
Arrivée à la Massue, on descend directement dans le bureau de Varduin. Effectivement il est content de nous. Peut-être un peu trop d’ailleurs. Il s’est mis dans la tête de nous racheter pour qu’on devienne ses esclaves. Le jeune maître ne semble pas de cet avis, mais est ce qu’il sera assez fort pour s’y opposer ? En tout cas moi ça me gonfle qu’on choisisse encore pour moi. Si j’ai pas le choix, pas la peine que je dépense ma salive en arguments. Et puis un maître ou un autre, c’est quoi la différence ?
Avant de partir, on discute un peu avec Kratius. Je pense qu’il peut m’aider à retrouver le Sauris. Apparemment, si on paye bien, il saurait faire ça. Avant que j’ai vu quoi que ce soit, le nabot s’approche d’une serveuse et quelques secondes plus tard, elle hurle à la mort et court vers la sortie aussi vite qu’elle peut. Je sais pas ce qu’il a fait, mais elle avait l’air vraiment effrayée ! Je crois qu’il lui manque une case à ce Manpres… Enfin, c’est un peu tendu mais on se casse sans mal.
On retourne à la barque pour rentrer à la Sonde. Quand on arrive, Rêvasse n’est pas là. A la place, un message. On est sommé d’aller à un rendez-vous - au même endroit dans deux jours au coucher du soleil - si on veut le revoir en vie. Je savais bien qu’il y avait un truc louche avec lui… On trouve un gamin, Pabuk, qui dit avoir tout vu. Ça a l’air d’être vrai, mais c’est hélas pas suffisant pour remonter jusqu’aux ravisseurs. Ils se sont barrés avec un bateau certainement volé sur place. Pas grand-chose à faire de plus pour l’heure. On prend donc la barque et on rentre. Evidemment, on ne dit rien à personne.
Le soir, avec le Nabot, on décide de partir à la recherche des piafs. Il est temps. Direction l’ouest. On n’y voit rien, il fait noir, y’a de la brume. Déjà pas mal de seulement maintenir le cap. Au bout de près de 6 heures de traversée, on finit par voir des lueurs verdâtres un peu plus loin. C’est une île. Des falaises devant nous, pas moyen d’accoster. On contourne par bâbord et on tombe sur une ouverture dans la roche. Putain, on voit rien là-d’dans ! Heureusement, Manpres sait faire de la lumière sur n’importe quel objet. Pratique. On avance donc et on découvre un peu plus loin une plage de sable, puis une tour et la falaise qui reprend juste derrière. Sur la plage, quelques traces de bottes.
Dans la tour, y’a un plafond un peu plus haut qui s’est pas écroulé. On y grimpe. De là, une passerelle mène à l’arrière à une cavité dans la roche |



|