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Accréditations :
Pec, Mathieu

Chapitre premier
Trou noir au Fond du Gouffre

D'un prévôt à l'autre

Rêve au milieu de la nuit

C'est tout blanc, ça fait mal aux yeux. Vive lumière. Tu es sur des falaises blanches. Tout au bord. Pas un nuage dans le ciel, la mer calme en contrebas. Loin en contrebas. Un peu de vent. Tu es vêtu de blanc, et tu te sens étrangement bien. Tes vêtements sont légers, purs comme l'air. Tu es pieds nus et tes orteils connaissent chaque pierre, chaque cailloux. Il n'y a personne,à part quelques oiseaux marins au loin.

Tu entends un rire cristalin. Non loin de toi se trouve une jeune fille. Elle est brune, belle, cheveux épais, peau mate, yeux bruns. Corps parfait. Elle te rappelle quelqu'un. Elle est aussi vêtu de blanc, du lin imaculé. Elle est aussi pieds nus, elle s'avance vers toi en souriant. Elle rit encore. Le vent se lève, un vent chaud, qui colle ses habits contre son corps musclé et fait voler les épaisses boucles noires. Tu ressens de l'amour pour elle, mais tu ne sais pas qui c'est. Pas de désir, mais un élan.

Elle s'éloigne de toi en marchant. Tu as envie de courir vers elle. Tu ne peux pas. Elle se retourne vers toi en souriant, plusieurs fois. Au fur et à mesure qu'elle s'éloigne, le ciel s'assombrit. Les falaises passent du blanc au gris, puis au sombre. des nuages épas et menaçants s'ammoncellent au dessus de vos têtes. Des rapaces apparaissent, très bas sur l'horizon. Ils avancent très vite et viennent décrire des cercles au dessus de sa tête. Sa tête à elle. Tu as envie de les chasser, de les percer de flèches. Elle sourit toujours, fière dans ses habits blancs. Les oiseaux de malheur sont maintanant juste au dessus de sa tête. Certains frôlent ses cheveux.

Elle disparaît au loin. Les ténèbres se font plus présentes, et tout devient noir.

Aïe ! Il m’a bien amoché le Garud ! Le réveil est douloureux, mais heureusement Fatra est là pour soulager un peu mes blessures. En plus, ce soir je me fais les piafs, faut que je sois en forme. La journée se passe tranquillement, interrompue seulement par la visite inopinée d’un jeune peigne-cul demandant à parler au jeune maître. C’est un envoyé du gars à qui Elomir et ses potes doivent de l’argent. Le jeune maître tremble comme une feuille rien qu’à l’idée de lui parler. Il insiste pour que je sois présent et moi, l’esclave, je le suis.

C’est un peureux en fait. Pas le gars qui est venu, non. Lui ce serait plus un petit con trop habitué au luxe que lui procure la relative impunité de travailler pour un gros bonnet de la pègre locale. Non, je parle du jeune maître là. Il n’a pas ouvert la bouche de tout l’entretien. Au plus quelques onomatopées, et encore, vraiment quand il n’avait pas le choix. M’enfin bon, cette fois-ci c’est pas trop grave, c’était juste une « invitation » à rencontrer le patron.

Le reste de la journée est calme, je me prépare pour le soir. En fin de journée, deux miliciens viennent me chercher. On fait un point rapide sur la mission du soir avec le prévôt de nuit : protéger un quartier dans lequel une petite fête huppée est organisée. J’ai 3 hommes avec moi, et sans mauvais jeu de mot, c’est pas des flèches ! On se met en poste, j’organise les rondes et notre surveillance paye : on voit les piafs arriver par l’ouest, se poser quelque temps pour observer leurs proies et se jeter sur elles. On en dézingue quelques-uns mais certains passent à travers les mailles de notre filet et s’invitent à la fête. Leur objectif semble clair : voler les bijoux les plus gros des femmes les plus belles. A moins que ce ne soit l’inverse. On les fait fuir au bout d’un moment, après en avoir buté un paquet. Un rapide tour sur le toit pour récupérer un piaf et surtout le collier à 50 po qu’il avait dans le bec et on dégage, y’a pas de petites économies ! En partant, il me semble reconnaître la sœur du jeune maître, un peu en retrait parmi les invités.

De retour à la prévôté, personne n’est là, le prévôt est sur une autre affaire relative à une bande de voleur qui semble sévir à nouveau par ici… Je garde les flèches que l’on m’a données ici et qui sont marquées des couleurs de la milice. Ça aussi ça servira un jour ou l’autre. Puis je rentre me coucher, heureux de retrouver un lit que je délaisse si souvent en ce moment.

Le rapport est fait le lendemain matin au prévôt. Il semble satisfait de moi, et veut que je m’occupe de résoudre ce problème à la place de la milice. C’est pas vraiment ce que j’avais en tête. Eux ne peuvent rien faire faute de moyens et de ressources. Ils sont revenus bredouille de la soirée dernière et vont avoir fort à faire avec les fauteurs de troubles, d’autant qu’il ne s’agirait peut être pas du même groupe qu’il y a déjà quelque temps… Ce prévôt a pas l’air trop con, ça change. Je vais peut-être lui donner un coup de main.

L’après-midi, le jeune maître et moi allons chez XXX, le chef de la bande qui a couillonné le jeune Maître. Nous traversons un tripot avant de descendre jusqu’à sa retraite. Nous rentrons dans son bureau après avoir laissé nos armes à la porte. Il est affalé sur une chaise, les pieds sur la table, en train de becter du fromage. A une table à coté, des gros bras jouent aux cartes. La conversation est âpre et comme à son habitude en de telles situations, Elomir ne dit rien. Et c’est tant mieux.

En bref, nous avons une semaine pour éponger notre dette, soit en or soit en service. Hélas nous n’avons que la deuxième option devant nous. Le marché est simple : nous devons tuer un prévôt corrompu et sa panthère domestique. Le problème est que ce prévôt a pas mal roulé sa bosse. C’est pas un bleu. Il explorait des cavernes autour de Merca il y a encore quelques années. Maintenant il s’est rangé de la bourlingue et préfère le confort offert par l’autorité dont il est investi et dont il abuse grandement.

Je pose pas mal de questions sur ce gars, son travail, sa maison, ses habitudes… Il traine pas mal dans une maison de jeu du coté du port, il y boit un peu. Il rentre à pied chez lui, toujours avec sa panthère. Je me dis que c’est là qu’il faudrait que je l’intercepte… Je me dis aussi qu’il ne faudrait pas que je sois seul. Garud, qui est au courant de la situation pourrait m’aider. Faut juste qu’il fasse ce que je lui dis !

On a planqué devant chez lui et on l’a suivi dans une de ses journées. Il a un bel arc, pas aussi beau que celui que j’ai dans la tête depuis un moment, mais il faut avouer que c’est vraiment un bel arc. Il a une jolie épée aussi. Si Garud la veut et qu’il survit, je lui laisserai peut-être…

Je suis trop bon décidément.







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